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La ministre ne manquera pas de saisir le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) si cela s'avère nécessaire, indique-t-elle dans un communiqué.

Le CECLR enverra un courrier à Ryanair pour lui demander davantage de précisions sur le sujet. Mme Milquet "prendra connaissance avec attention" de la réponse fournie par la compagnie irlandaise qui opère en Belgique depuis l'aéroport de Charleroi Bruxelles Sud (BSCA), ajoute le communiqué.

Ryanair a confirmé mercredi la mise à l'étude d'une taxe pour les personnes en surpoids sur ses vols, faisant suite à un sondage sur son site qui avait pour objectif de fournir des idées à la compagnie aérienne afin de l'aider à trouver de nouvelles sources de financement.

La compagnie a également annoncé qu'elle allait lancer une seconde consultation sur les moyens de mettre en oeuvre cette proposition. Ryanair proposerait notamment de faire payer les passagers qui dépassent un certain indice de masse corporelle ou qui ont un poids supérieur à 130 kilos pour les hommes et à 100 kilos pour les femmes.

Pour Mme Milquet, "cette proposition est contestable, tant sur le fond que sur la méthode mais aussi sur le plan strictement juridique. Contrairement à la situation outre-Atlantique, où les passagers en surpoids sont contraints par certaines compagnies aériennes d'acheter un billet en classe affaire, la législation en Europe n'autorise en effet pas ce genre de procédé."

La ministre rappelle que notre pays s'est doté de trois lois anti-discrimination en mai 2007 qui visent tous les domaines de la vie publique, notamment l'accès aux biens et aux services. "La taxe telle qu'étudiée par Ryanair, si elle était appliquée, contreviendrait à celle qui interdit les discriminations entre autres sur base de l'état de santé, du handicap et de la caractéristique physique, sauf si la distinction établie repose sur une justification objective et raisonnable, objectifs que ne rencontre absolument pas le projet à l'étude de Ryanair."

Une autre entrave soulevée par ce projet est le non-respect de la vie privée, ajoute encore Mme Milquet.