Ryanair fait décoller Charleroi

ANNE MASSET Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Bienvenue, welcome Ryanair, welcome Michael», s'exclamait, enthousiaste, le ministre wallon de l'Économie Serge Kubla, mercredi à l'adresse de Michael O'Leary, CEO de Ryanair car cette fois, c'est annoncé officiellement et in situ, à Gosselies: la compagnie low cost irlandaise va développer ses ailes au-dessus de Brussel South Charleroi Airport (BSCA). À partir du 26 avril prochain, Ryanair va relier, outre Dublin, Shannon (ouest de l'Irlande), Londres, Glasgow, Pise, Venise et Carcassonne. Avec deux avions sur le tarmac hennuyer, suivis de deux autres en 2002, Ryanair fait donc de BSCA sa base continentale avec une trentaine de vols par jour (14 à 15 vols aller-retour, voir infographie ci-contre). Et lui donne un second souffle.

«Facilités aéroportuaires pour le public, bonne coopération depuis 4 ans avec l'aéroport et avec les autorités locales» : tels sont les arguments qui ont séduit Michael O'Leary qui espère que l'opération sera profitable «dès le 26 avril». Il prévoit dès le premier mois un taux d'occupation des sièges de l'ordre de 60 à 65 pc, un million de passagers pour les 12 premiers mois et deux millions l'année suivante. Son meilleur atout pour relever le défi: ses prix. L'aller simple vers Londres: 999 F, Dublin, Glasgow et Shannon: 1.990 F, Carcassonne, Pise et Venise: 2.490 F. Des tarifs de lancement «plancher» qui seront cependant majorés en cours de saison. «Ryanair et Charleroi, c'est plus que du low cost, c'est 90 pc moins cher que nos concurrents les moins chers», devait s'exclamer Michael O'Leary.

Pratiquement, cette installation irlandaise en terre carolorégienne entraînera la création d'un millier d'emplois indirects dans la région et, au sein de Ryanair, 150 emplois directs. «On paye bien notre personnel et lui travaille beaucoup», enchaîna le patron de Ryanair en ajoutant: «On va commencer avec 100 à 120 emplois».

Ryanair, c'était en 1985 une liaison entre l'Irlande du Sud et Londres (Gatwick); c'est aujourd'hui un bénéfice avant impôt de 21,3 millions d'euros au troisième trimestre de son exercice 2000-2001 (septembre à décembre 2000), en hausse de 34 pc par rapport à la même période l'année précédente; c'est aussi 36 Boeing 737, une dizaine de plus l'année prochaine et 50 en 2003, basés à Dublin, Londres (avec 7 nouvelles lignes prévues à partir de début avril), Glasgow et Charleroi; c'est aussi une augmentation du nombre de ses passagers de l'ordre de 25 pc par an. Ryanair se présente comme la plus importante compagnie low cost en Europe grâce à «son engagement sur des tarifs imbattables, des vols réguliers et ponctuels, de nombreuses fréquences et un service convivial». Les concurrents n'ont qu'à bien se tenir. À la Sabena, la réponse est toute prête: «Il est trop tôt pour mesurer l'impact réel du développement de Ryanair. Leurs produits sont très différents des nôtres pas chers et avec un service minimum et leur réseau, en extension, n'est pas encore au niveau du nôtre, européen et intercontinental. Ce à quoi nous avons assisté avec l'entrée en scène des EBA et ensuite Virgin, c'est qu'une compagnie low cost ne nous prend pas de clients mais agrandit le marché en faisant venir à l'avion des gens qui jusque-là n'en avaient pas l'habitude». À Vérifier.

© La Libre Belgique 2001

ANNE MASSET

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