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Dans le contexte actuel, la date choisie par la Région wallonne et Ryanair pour sceller l'atterrissage de la compagnie irlandaise à l'aéroport de Charleroi-Gosselies paraît critiquable, mais il est un gage de sécurité pour le site carolo. D'autant plus que les dirigeants de Ryanair ne cachent pas leurs démarches en vue de la recherche d'un autre site d'implantation en Europe. Donc, il faut aller vite et lever en même temps le voile sur des documents qui suscitent des commentaires.

Mardi après midi, Ryanair a signé le contrat conclu avec Brussel South Charleroi airport (BSCA), la société gestionnaire de l'aéroport carolo et la convention la liant à la Région wallonne. Les documents ont été paraphés à Namur par le ministre wallon de l'Économie, Serge Kubla (PRL) et un responsable de la compagnie irlandaise, remplaçant le président Michel O'Leary, en mission à l'étranger (les mauvaises langues diront qu'il a refusé de venir!).

Le contrat commercial, signé pour 15 ans entre Ryanair et BSCA, prévoit un maximum de 4 avions basés à Charleroi à partir de 2002 (contre 2 actuellement) et un maximum de 26 vols quotidiens. En contrepartie, BSCA participera aux dépenses liées à l'implantation de Ryanair à Charleroi: contribution de 250.000 € (plus de 10 millions de FB) sur base de justificatifs pour le logement du personnel en attendant l'engagement de personnel de la région, apport financier unique et forfaitaire de 160.000 € (6,4 millions de FB) pour l'ouverture de chaque nouvelle ligne ouverte (maximum de 12 lignes) ainsi qu'une aide unique de 760.000 € (30,66 millions de FB) en guise de participation aux frais de recrutement et d'entraînement du personnel de cabine. Il est par contre prévu que Ryanair rembourse les sommes perçues en cas départ prématuré. Les deux partenaires lanceront une filiale commune qui assurera la promotion commerciale du site. Chacun versera dans la caisse de la filiale 4 € (161,36 FB) par passager embarqué. Ryanair qui a bien négocié son arrivée a bénéficié de quelques facilités. La taxe d'atterrissage est calculée sur base du nombre de passagers embarquant: 1 € (40,3399 FB) par passager jusqu'en 2006, 1,13 € (45,58 FB) de 2006 à 2010 et 1,30 € (52,44 FB) de 2010 à 2016. Au bout du compte, Ryanair ne devrait débourser que 123,95 à 148,74 € (entre 5 à 6.000 FB), alors que la taxe normale calculée en fonction du tonnage de l'avion tourne autour de 247,89 € (10.000 FB). Quant à la taxe passager, un arrêté de l'exécutif wallon l'a porté en avril de 5 € (201,70 FB) à 7 € (282,38 FB). Elle sera de 7,50 € (302,55 FB) de 2006 à 2008 et de 8 € (322,72 FB) dès 2010.

Le statut d'aéroport de jour du site est précisé (7 à 22h avec dérogations possibles entre 6 et 7 et entre 22 et 23h). La Région wallonne s'est engagée à ne pas modifier les taxes, mais Ryanair ne peut se soustraire à de nouvelles redevances si elles sont décidées au niveau européen ou par l'Organisation de l'aviation civile internationale (Oaci).

Installée depuis 1997 avec une seule destination (Dublin), Ryanair en dessert aujourd'hui 6 au départ de Charleroi: Londres-Stansted, Glasgow, Shannon (Irlande), Venise, Pise et Carcassonne. Conséquence: de 183.000 passagers entre janvier et octobre en 2000, la fréquentation est aujourd'hui de 637.000 passagers pour la même période.

© La Libre Belgique 2001