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La grève européenne des pilotes de la compagnie irlandaise à bas coût Ryanair s'est encore amplifiée jeudi, un tribunal des Pays-Bas ayant autorisé les pilotes néerlandais à participer au mouvement prévu vendredi, qui devrait affecter des milliers de passagers en pleine saison estivale.

"La grève peut avoir lieu", a indiqué le juge Theo Röell devant le tribunal d'Haarlem, près d'Amsterdam, où Ryanair avait introduit une procédure en référé afin d'empêcher les pilotes néerlandais de rejoindre le mouvement.

Une grève de 24 heures aux Pays-Bas "coïncide avec les autres grèves en Europe qui auront un impact beaucoup plus important et contre lesquelles aucune action judiciaire n'a été prise", a-t-il ajouté.

Le syndicat des pilotes de ligne néerlandais (VNV) a annoncé mercredi son intention de rejoindre la grève des pilotes basés en Irlande, Allemagne, Suède et Belgique, demandant "une meilleure protection des droits des salariés".

Au total, plus de 55.000 passagers seront concernés, dont 42.000 pour l'Allemagne, selon la compagnie qui a promis aux voyageurs lésés un changement gratuit de réservation.

Aucun vol annulé aux Pays-Bas 

La grève devrait voir l'annulation d'environ 400 vols, en pleine période de congés.

Cependant, aucun vol au départ ou à destination des Pays-Bas ne sera affecté, a annoncé Ryanair en marge de la décision du tribunal. "Il n'y aura aucune annulation suite à la grève inutile du syndicat des pilotes de ligne néerlandais aux Pays-Bas", a précisé la compagnie dans un communiqué.

"Ryanair respecte totalement le droit des pilotes néerlandais de faire grève mais demande que le VNV nous notifie sept jours à l'avance afin que nous puissions minimiser les perturbations pour nos clients."

Ryanair espérait empêcher les pilotes néerlandais de rejoindre la grève, mais le syndicat des pilotes de ligne néerlandais a expliqué devant le tribunal que peu de vols seraient concernés par le mouvement.

"Une interdiction n'est pas raisonnable", a argumenté le syndicat, qui s'est dit "très heureux" de la décision prise par le juge.

Jochem Croon, l'avocat de Ryanair, a quant à lui insisté sur l'intérêt des passagers impactés par la grève.

"Il ne s'agit pas ici de réfuter le droit de grève des pilotes. C'est un droit fondamental et Ryanair le reconnaît. Il s'agit de protéger les intérêts des vacanciers", a-t-il affirmé.

D'après Ryanair, "le VNV cherche délibérément à nuire aux intérêts des passagers" en annonçant leur intention de participer à la grève deux jours à l'avance.

Un argument réfuté par le syndicat, qui reconnaît néanmoins la nécessité de prévenir Ryanair plus tôt à l'avenir.

Selon la télévision publique néerlandaise NOS, les avocats de Ryanair ont choisi d'introduire une procédure judiciaire aux Pays-Bas car "il y avait plus de chance de succès" que dans les autres pays concernés.

En août 2016, le tribunal d'Haarlem avait interdit les grèves d'une partie du personnel au sol de la compagnie aérienne néerlandaise KLM, étant donné l'affluence en cette période de vacances.

Les actions syndicales ne sont pas aussi courantes aux Pays-Bas que chez ses voisins européens, "les juges n'hésitant parfois pas à interdire les grèves", explique NOS.