Entreprise Après ses clients furieux et ses pilotes en révolte, le patron de Ryanair va devoir faire face à ses actionnaires.

Ce jeudi risque d’être long pour Michael O’Leary, le patron de Ryanair. Celui-ci va devoir faire face à ses actionnaires lors de l’assemblée générale annuelle de la compagnie irlandaise. Un calendrier assez délicat, alors que Ryanair traverse l’une des plus importantes perturbations de son histoire. Le patron de la compagnie irlandaise est-il sur un siège éjectable ? Certains le pensent. L’action de Ryanair a dévissé depuis la semaine dernière et l’assemblée s’annonce houleuse. Un groupe de gros actionnaires mettait déjà en cause, début septembre, les rémunérations jugées trop élevées de celui qui est l’un des hommes les plus riches d’Irlande.

Les pilotes posent un ultimatum à la direction

Mais ça, c’était avant l’ouragan qui s’est abattu sur la compagnie irlandaise qui a, depuis, annoncé l’annulation de près de 2 000 vols en six semaines par manque de pilotes disponibles. Une décision qui a touché un total de 315 000 clients, d’après les chiffres de Ryanair qui affirme pouvoir traiter d’ici la fin de la semaine les remboursements ou la recherche d’itinéraires alternatifs de 95 % d’entre eux. Reste que l’image de la compagnie est écornée. De nombreux passagers faisaient encore part, hier, de leurs difficultés pour trouver les documents nécessaires sur le site de Ryanair pour se faire rembourser. En plus de devoir faire face à ses clients furieux et ses actionnaires inquiets, M. O’Leary doit affronter ses pilotes, eux aussi particulièrement remontés.

Dans une lettre commune dont "La Libre" a pu prendre connaissance, les représentants des pilotes de 17 bases européennes de Ryanair, dont Bruxelles-Zaventem et Charleroi, demandent à leur direction un changement radical de leurs conditions de travail. Ils rejettent le bonus (de 6 000 à 12 000 euros) proposé par la direction afin qu’ils renoncent à dix jours de congé sur demande immédiate de Ryanair et restent encore au moins un an au sein de la compagnie.

Les pilotes exigent des contrats locaux, respectant les lois et les droits des pays où ils travaillent, et non plus irlandais. Ces contrats devront être prêts pour le 1er janvier 2018, avec une série de mesures améliorant les conditions de travail des pilotes. Les pilotes, qui ne veulent pas être pris pour responsables des annulations de vols, lancent aussi un ultimatum à la direction de Ryanair : ils veulent une réponse favorable d’ici vendredi 22 septembre à 10 h. M. O’Leary sera-t-il encore en poste ce jour-là ?

Le mauvais calcul de Michael O’Leary

Beaucoup reprochent au patron de Ryanair d’avoir sous-estimé ce problème de manque de pilotes. "Comme il l’avait fait lors des banqueroutes de Spanair ou Volare, M. O’Leary s’imaginait pouvoir récupérer les pilotes d’Air Berlin et Alitalia à bon prix après leurs faillites respectives. Mais les deux compagnies ne sont pas encore officiellement mortes, explique une source interne. Et Lufthansa a sans doute l’intention de maintenir Air Berlin sous perfusion pour mettre des bâtons dans les roues de Ryanair."

Car la compagnie irlandaise recherche désespérément des pilotes. D’après le journal irlandais "The Independent", des membres de Ryanair sont récemment partis au Brésil dans l’intention de recruter des pilotes sud-américains. Toujours d’après la presse irlandaise, certains candidats pilotes recalés au dernier test de recrutement de Ryanair ont été subitement recontactés. Au cas où…