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La rencontre qualifiée de historique entre le syndicat CNE et des représentants de Ryanair s'est déroulée de manière "constructive", ont indiqué les deux parties à l'issue de la réunion, vendredi à 13h. La compagnie irlandaise refuse toujours de reconnaître une délégation syndicale, mais propose une augmentation salariale d'environ 14% aux pilotes. Une nouvelle entrevue est prévue à la fin du mois de février. Deux représentants du syndicat chrétien CNE-LBK ainsi que quatre pilotes ont rencontré vendredi le management de Ryanair à Bruxelles. Ils espèrent pouvoir instaurer un dialogue avec la compagnie et améliorer les conditions de travail du personnel.

La première revendication de la CNE est la reconnaissance par Ryanair d'une délégation syndicale belge. Venus de Dublin, le chef du personnel de Ryanair Eddie Wilson et le numéro deux de la compagnie Peter Bellew n'ont cependant pas accepté cette demande. "Ryanair a peur qu'en reconnaissant les syndicats, elle doive se plier au droit belge", a expliqué Yves Lambot, permanent syndical à la CNE.

La compagnie low-cost, réputée méfiante envers les syndicats, n'est en effet pas familière avec la concertation sociale à la belge. La CNE tente depuis 2011 de lui faire respecter le droit social national pour les travailleurs basés en Belgique, mais Ryanair continue à vouloir appliquer le législation irlandaise. Après une décision de la Cour de Justice de l'Union européenne allant dans le sens du syndicat, un arrêt de la cour d'appel de Mons est attendu en juin pour régler la question.

Ryanair, de son côté, a proposé vendredi une augmentation de salaire d'environ 14% pour les pilotes belges. La société avait annoncé jeudi que les pilotes britanniques ont accepté une augmentation salariale allant jusqu'à 20%.

Mais "la question salariale n'a jamais fait partie de nos principales revendications", a rétorqué Yves Lambot, estimant que Ryanair cherche à colmater la fuite de ses pilotes vers d'autres compagnies aériennes.

Le management n'a en outre rien proposé pour le personnel de cabines, pourtant confronté également à de fortes pressions au travail.

"Nous avons entendu et écouté les différents points de vue. La porte n'est pas fermée. Le plus important, pour nous, est d'instaurer un dialogue social", selon M. Lambot.

Une nouvelle rencontre est prévue à la fin du mois de février.