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Comme dans les contes fantastiques ou les films de Harry Potter, voir s’animer des portraits figés dans la toile reste un choc (amusant ou effrayant) pour celui qui pensait passer tranquillement à côté d’un tableau.

En publicité, ce jeu d’animation a son terrain tout trouvé : les milliers de panneaux d’affichage urbains qui jalonnent les villes.

En Israël, Samsung et Leo Burnett ont profité des dernières innovations en matière d’affichage digital pour jouer avec les usagers des transports en commun. Point de magie ni de surnaturel au programme, c’est bel et bien la technologie qui permet à un panneau publicitaire d’abribus de vous adresser la parole.

Au centre de l’action, le design de la montre connectée du géant sud-coréen, qui est en tout point semblable à celui d’une montre normale. Dès lors, aucun badaud ne s’attend à être apostrophé par une affiche qui ressemble à tant d’autres. Sauf qu’à quelques mètres de là, dans une cabine connectée, le mannequin de l’affiche voit tout et peut, grâce à des micros, parler en direct aux gens. Il peut aussi bouger grâce au panneau digital incrusté dans l’abribus, ce qui rend l’effet de connexion entre lui et le passant encore plus saisissant. Le mannequin fait sonner sa montre et prévient l’usager, qui tend l’oreille pour savoir d’où vient le son, que c’est chez lui, dans l’affiche, que ça se passe…

Pile dans le thème de la montre connectée, l’action, baptisée "frontier", montre que ces objets ont justement pour vocation de briser les anciennes frontières entre humains et objets. Sans aucune référence à la marque Samsung (ni logo, ni slogan), cette publicité exploite à merveille tout ce que le numérique permet avec des médias très anciens et parfois catalogués "old school".

De plus en plus d’acteurs de l’affichage extérieur, dominé chez nous par JC Decaux et Clear Channel, développent des solutions digitales qui permettent non seulement de mesurer des contacts, mais aussi d’interagir de plus en plus finement. Malgré ces promesses, rares sont ceux qui osent sortir du cadre de l’action de promotion à court terme. Car il n’est pas sûr que les dizaines de milliers d’usagers quotidiens des transports publics, dans les grandes villes, aient très envie d’être apostrophées par des panneaux d’affichage sortis, grâce au digital, de leur passivité originelle… Elle convient probablement encore (et peut-être pour longtemps) à la plupart des passants.