Entreprise Un opérateur du groupe a viré par erreur mille actions Samsung Securities à ses employés.

Le régulateur financier sud-coréen traite un dossier hors du commun ces jours-ci faisant suite à une bourde commise par un opérateur de la grosse société de Bourse Samsung Securities, filiale du conglomérat Samsung. Au lieu de verser 1 000 wons (un peu moins d’un euro) par action, il a transféré 1 000 actions Samsung Securities sur les comptes-titres de ses collègues bénéficiant d’un plan d’intéressement sous forme d’actions de l’entreprise. Soit un total de 2,8 milliards d’actions représentant 30 fois le nombre total de titres émis par l’entreprise. Soit encore 11 600 milliards de wons ou 86 milliards d’euros.

Chute en bourse

Evidemment, une erreur de ce type peut être corrigée. Mais, selon l’agence Bloomberg, l’entreprise n’a repéré l’erreur qu’après 37 longues minutes, voyant le cours de ses actions s’effondrer de 12 % à la Bourse de Séoul. Quelque 16 employés avaient en effet déjà vendu leur pactole en Bourse, provoquant une vague de panique sur le titre Samsung Securities. Ils ont bien évidemment été licenciés et risquent désormais des poursuites judiciaires. C’est en effet un secteur dans lequel on sait que les miracles financiers n’existent pas. En outre, seuls les cadres bénéficient de plans de stock-options. Comment leur faire confiance après une telle aventure ?

Pratiques douteuses

Le courtier coréen a évidement annulé les transferts d’actions, ce qui a permis également de stopper leur chute en Bourse. Mais l’affaire n’en est pas close pour autant. D’une part, de gros clients ont suspendu leurs opérations avec le courtier, ce qui va impacter sa rentabilité. Mais par ailleurs, le régulateur financier mène une enquête sur des dysfonctionnements évidents dans l’organisation du courtier. Comment une telle erreur n’a-t-elle pas été détectée par un garde-fou informatique ? Et surtout, comment l’opérateur concerné a-t-il pu transférer une masse de titres inexistants ? La seule explication réside dans l’organisation de ventes spéculatives d’actions à découvert, pratique pourtant strictement encadrée depuis la crise financière de 2008.