Entreprise Campagne est lancée pour la transparence dans l’industrie de l’habillement. Et l’Europe interpellée.

Il y a bientôt quatre ans, le 24 avril 2013, le Rana Plaza, qui abritait cinq ateliers de confection, s’effondrait au Bangladesh, faisant plus de 1 000 morts et de 2 000 blessés parmi les travailleurs. Pour identifier les entreprises et marques qui s’y fournissaient, il avait fallu fouiller les décombres à la recherche des étiquettes appliquées sur les vêtements qui y étaient fabriqués… Avant de demander à ces marques et enseignes d’assumer leurs responsabilités, et notamment d’indemniser les victimes. Il a fallu plus de deux ans pour réunir les 30 millions de dollars…

La nécessité d’en savoir plus sur ces usines qui fournissent vêtements et chaussures aux marques et enseignes qui ont pignon sur rue est une évidence. AchAct (qui veut améliorer les conditions de travail dans des secteurs comme le textile ou l’électronique) et une coalition de neuf syndicats et organisations internationales de défense des droits humains (comme Human Rights Watch ou IndustriALL Global Union) lancent une campagne sur la transparence dans l’industrie de l’habillement. Vingt-deux sur les 72 marques et enseignes sollicitées se sont, à ce jour, engagées à publier des informations sur leurs filières. Dont treize connues en Europe, comme Adidas, C & A ou Nike (voir infographie, 1re colonne). Et de lancer une pétition (http://bit.ly/gotransparent-fr) pour exiger des autres, comme Primark ou Armani, de signer également le "Pacte de transparence" et publier les infos en question. Comme les noms et adresses des usines de confection et de leurs sous-traitants, la société mère des entreprises établies sur les sites, le nombre de travailleurs occupés et les produits fabriqués.

En outre, le 24 avril, achAct interpellera aussi la Commission européenne (via une action en contrebas du rond-point Schuman à Bruxelles) pour qu’elle impose, enfin !, un minimum de transparence à l’ensemble des entreprises du secteur.

© D.R.