Entreprise Un peu de désordre et de désorganisation peut être une bonne chose. Il faut laisser place à plus d’improvisation, estime l’économiste Tim Harford.

Voilà un ouvrage qui va faire plaisir à pas mal de gens. En cette rentrée, certains ont peut-être pris de bonnes résolutions en se disant qu’il était temps de ranger leur bureau… Mais un bureau vide et net n’est pas toujours synonyme de plus d’efficacité. C’est en tout cas ce que démontre Tim Harford dans son dernier ouvrage qui vient d’être traduit en français : "Bordélique. Le pouvoir du désordre pour transformer votre vie !". Économiste, journaliste et chercheur, ce Britannique est également auteur de plusieurs ouvrages, dont le best-seller "The Undercover Economist" ("L’économie est un jeu d’enfant").

Pourquoi ce livre ?

Par expérience j’ai observé que certaines personnes très brillantes étaient désordonnées et travaillaient notamment sur plusieurs projets à la fois. J’ai voulu me pencher sur la question. Avoir plusieurs projets peut sembler source de distraction mais leur variété mobilise plutôt notre attention. A l’école, on nous dit de nous concentrer sur notre travail mais en fait on ne fait que passer d’une matière à l’autre tout au long de la journée...

Vous prônez donc la désorganisation ?

Pas nécessairement. La thèse de ce livre est que nous succombons souvent à la tentation d’une approche organisée alors que nous serions mieux inspirés d’ouvrir grand les bras à un certain degré de désordre. Je veux convaincre qu’il peut y avoir quelque fois une certaine magie dans le bordel. Nous n’apprécions plus les vertus de ce qui est bordélique. Or, le discours écrit d’avance ne prend pas la température de l’auditoire, les objectifs quantifiés créent des incitations perverses, un nouveau venu perturbateur agace l’équipe mais apporte du sang neuf,…

Vous évoquez la collaboration au sein des équipes en insistant sur l’importance de la diversité.