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Le conglomérat allemand Siemens prévoit la suppression de milliers de postes dans sa division d'équipements pour centrales électriques, affectée par une chute des commandes, affirme jeudi l'hebdomadaire Manager Magazin.

Selon "des sources au sein de l'entreprise", Siemens envisage de fermer ou céder "jusqu'à 11 des 23 sites mondiaux" de sa branche Power & Gas, qui emploie 30.000 personnes dont 12.000 en Allemagne, selon le magazine.

Contacté par l'AFP, Siemens n'était pas immédiatement disponible pour commenter. Un porte-parole du groupe a indiqué à Manager Magazin que l'entreprise révoyait continuellement sa stratégie et que cette réflexion "pouvait inclure la consolidation de certaines activités, quand les conditions de marché le rendent nécessaire".

Le syndicat du secteur IG Metall a fait part de sa colère face à d'éventuelles suppressions d'emplois, affirmant qu'il ne resterait pas sans réaction le cas échéant.

"Nous estimons qu'il est inadmissible qu'on inquiète de nouveau des milliers de salariés de cette manière", a critiqué un porte-parole d'IG Metall, cité par l'agence allemande dpa.

"Nous tablons (sur la publication) en novembre d'un bénéfice tout à fait considérable pour l'ensemble de l'exercice" annuel décalé, a-t-il ajouté. "Une entreprise comme Siemens doit aussi être capable de supporter d'éventuels problèmes jusqu'à ce qu'une solution vraiment supportable et de longue durée soit trouvée", a-t-il ajouté.

Le groupe de Munich (sud), qui fabrique aussi bien des turbines à gaz que des éoliennes, des trains ou des scanners médicaux, avait annoncé en juin une chute d'environ 40% sur un an des commandes enregistrées par Power & Gas dans l'année écoulée.

"En raison de la montée en puissance des énergies renouvelables, il ne se commande pratiquement plus de centrales à gaz, particulièrement en Europe", résume Manager Magazin.

Siemens prévoit de présenter son plan aux salariés "début novembre", poursuit l'hebdomadaire, et les sites de l'est de l'Allemagne s'annoncent particulièrement touchés: l'usine de générateurs d'Erfurt pourrait être vendue et celle de Görlitz fermée.

La dernière restructuration de la branche Power & Gas, en 2015, avait entraîné la perte de 1.100 emplois en Allemagne, parmi les 13.100 emplois supprimés au total par le groupe dans un vaste plan touchant plusieurs divisions.

Affaibli par une rentabilité en berne, qui avait précipité le renvoi de son patron en 2013, Siemens avait entrepris de recentrer ses activités, cédant l'électroménager et les réseaux télécoms, abandonnant l'énergie solaire et mettant en Bourse la division des ampoules électriques.

Il s'est par ailleurs renforcé dans des domaines jugés porteurs, comme les turbines ou les équipements pour l'exploitation pétrolière et gazière, et s'est respectivement allié à Gamesa et Alstom pour former deux géants des éoliennes et du ferroviaire.