Entreprise

Fin d’année chaude et tendue en perspective sur le rail belge. Les discussions entre la direction et les syndicats de la SNCB sur la filialisation de la division fret (B-Cargo) du groupe sont dans l’impasse et la grève menace l’entreprise ferroviaire. Lundi, à l’issue de son comité national, la CGSP-Cheminots, syndicat majoritaire à la SNCB, a pris une position forte qui fait craindre la mise à l’arrêt des trains dans les prochains jours.

La CGSP constate que la filialisation envisagée (société anonyme de droit privée) met en péril l’unicité de l’entreprise et la viabilité des secteurs du service public. Le coût social (perte d’environ 1 000 emplois) est aussi trop élevé à ses yeux. Le syndicat "rejette les initiatives du management en vue de la filialisation des activités cargo et refuse la poursuite des négociations inscrites dans cette logique". Il demande la démission de la direction de l’activité fret - sans parachute doré - et annonce qu’elle participera à la manifestation européenne des cheminots le 17 décembre à Bruxelles. D’autres actions nationales ne sont pas exclues. Les cheminots avaient déjà observé une journée de grève le 5 novembre mais ont accepté de suspendre le mouvement hebdomadaire qu’ils comptaient organiser tous les jeudis.

Deux visions diamétralement opposées sur l’avenir de B-Cargo sont aujourd’hui défendues. La direction se base sur deux études juridiques et les lignes directrices de l’Europe pour soutenir son projet de filialisation de la division fret sous la forme d’une société anonyme de droit privé. La conséquence de cette option est que les agents ne seront plus des statutaires et leurs conditions de travail seront régies par les règles du privé (durée de prestation, etc.). Pour la direction, c’est l’unique voie qui permet d’injecter de l’argent pour sauver B-Cargo (qui a besoin de 300 millions d’euros) sans subir les foudres de la Commission européenne.

Les syndicats, eux, refusent cette lecture des choses. La CGSP dénonce l’interprétation abusive des lignes directrices. Du côté de la CSC Transcom, on s’oppose également à au passage de B-Cargo sous le statut de SA de droit privé. Pourtant, d’après nos informations, une analyse jurididique commanditée par le syndicat chrétien sur le sujet aboutirait précisément à la nécessité d’adopter le statut de société anonyme de droit privé...