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Fidèle à sa stratégie de présence dans les marchés à forte croissance, Solvay a annoncé un investissement de 155 millions d’euros dans la fabrication d’une usine d’épichlorhydrine en Chine. C’est en réalité via sa filiale Vinythai, dont il détient 58,77 % des parts, que Solvay va réaliser cet investissement. L’usine, basée à Taixing, entrera en fonction au cours du second semestre 2 014. Selon le groupe belge, le marché chinois de l’épichlorhydrine devrait croître de 8 % chaque année et représenter 35 % de la demande mondiale en 2016. L’épichlorhydrine est utilisée dans les secteurs éolien, électronique, automobile et aérospatial. "Elle permet en réalité de durcir les résines et d’autres composants afin de les rendre plus résistants, explique Eric De Leye, porte-parole du groupe. On fabrique notamment des caoutchoucs spéciaux nécessaires à l’industrie automobile."

Cette nouvelle usine utilisera le procédé breveté de Solvay nommé Epicérol. Selon le groupe, cette technologie est moins chère et affiche un bilan carbone 60 % inférieur au procédé classique. Pour Solvay, il s’agira de la treizième usine érigée en Chine sur un total de 110 sites industriels que compte le groupe. Plus d’un quart du chiffre d’affaires du groupe provient de la région Asie-Russie-Afrique-Australie dont la majorité est localisée en Chine. De quoi être effrayé par les signes de ralentissement observés dans l’empire du Milieu ? "Notre nouvelle usine n’entrera en fonction qu’en 2 014, rappelle Eric De Leye. Ce qui se passe en Chine actuellement ne remet pas du tout en cause notre stratégie."

Un avis partagé par l’analyste de la Banque Degroof qui pointe néanmoins quelques risques à court terme. "Même si l’absorption de Rhodia a rendu Solvay moins cyclique, le groupe belge reste dépendant de la conjoncture, note Bernard Hanssens. L’action a été assez volatile ces derniers temps et, aujourd’hui, sa remontée est due à la solution apportée au cas espagnol. Cependant, il y a quelques risques à court terme comme la crise de la zone euro ainsi que les signes de ralentissement aux Etats-Unis, en Asie et en Europe." Si l’action est devenue moins cyclique, c’est notamment grâce à la division "consumers" de Rhodia. Celle-ci regroupe des produits cosmétiques ou agrochimiques, des détergents et des produits utilisés dans l’exploration pétrolière qui sont beaucoup moins liés à la conjoncture mondiale. Mais d’autres divisions comme la chimie ou le plastique restent encore très cycliques.