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Le groupe chimique et pharmaceutique Solvay va avaler pour 1,3 milliard d’euros le laboratoire français Fournier Pharma, s’emparant ainsi du médicament phare des maladies cardio-vasculaire et devenant un acteur majeur de ce secteur.

Les deux groupes ont conclu jeudi un accord pour cette opération de fusion, payée en cash et qui devrait être finalisée d’ici l’été prochain.

L’activité pharmaceutique de Solvay, axée sur la recherche destinée à répondre à des besoins médicaux non satisfaits dans les domaines thérapeutiques de la cardiologie, de la gastro-entérologie, de la santé mentale et de la gynécologie/andrologie, pèse 1,7 milliard d’euros.

De son côté, Fournier Pharma, 4è laboratoire français indépendant basé à Dijon, emploie 3.300 personnes dans le monde pour un chiffre d’affaires 2004 bien inférieur (593 millions d’euros). Le capital du groupe est détenu à 80% par la famille Le Lous, le solde étant détenu par des proches.

Fournier, qui a connu de multiples restructurations, est aujourd’hui totalement recentré sur les médicaments sur ordonnance.

Il connaît actuellement une progression soutenue au niveau mondial, avec une croissance rapide de ses revenus aux Etats-Unis grâce à une alliance avec Abbott Laboratories sur son anti-cholestérol vedette, le TriCor.

L’an dernier, les ventes de ce médicaments ont bondi de 38% Outre-Atlantique à 779 millions de dollars et devrait dépasser le milliard en 2005.

Solvay a qualifié dans un communiqué cet accord de «décision stratégique majeure », puisqu’il devrait permettre d’«accélérer une croissance durable et rentable ».

De son côté, le président de Fournier Pharma, Hervé Le Lous s’est félicité dans un communiqué distinct de ce rapprochement, qui devrait donner naissance, selon lui, à «un acteur d’ambition mondiale dans les maladies cardio-métaboliques ».

Ce projet est «en cohérence avec la stratégie développée par Fournier Pharma » et «permet de conforter les plans d’actions stratégiques engagés sur le plan du développement de nouveaux produits et de l’expansion géographique », a-t-il déclaré.

Pour les syndicats, cette alliance fait figure de nécessité pour le plus petit des grands de la pharmacie, qui avait des difficultés à se développer seul.

«On souhaite savoir si toutes les activités sont maintenues ou non », a déclaré à l’AFP Jacques Amiot, délégué syndical central CFDT du groupe français, à Dijon. «Le rachat était peut-être une nécessité pour le développement de Fournier et le maintien de l’emploi ».

Sur le plan financier, cette transaction pourrait accroître les activités de Solvay de plus d’un tiers en termes de chiffre d’affaires et améliorer immédiatement la rentabilité du groupe, avec un potentiel d’amélioration significatif des performances.

Solvay prévoit une hausse de 58% de son bénéfice d’exploitation et une hausse de 7,3% de son bénéfice par action grâce à cette acquisition.

Pour la nouvelle entité intégrée, les projets conjugués des deux sociétés devraient être par ailleurs soutenus par un budget de recherche et développement de quelque 370 millions d’euros pro forma, jugé «substantiel » par Solvay.

Cette acquisition devrait en outre permettre à Solvay d’accroître ses ventes de 34%, pouvait-on lire jeudi matin sur le site internet du groupe belge. Il prévoit de consacrer 15% de ses ventes à la Recherche et Développement et de maintenir un ROI (retour sur investissement) supérieur à 20%.

Au niveau de l’organisation, Solvay prévoit de construire un nouveau pôle cardio-métabolique en regroupant «toutes les compétences actuelles de Fournier Pharma et de Solvay Pharma Cardio ». La responsabilité de ce nouveau pôle serait confiée au directeur général de Fournier Pharma, nommé par Solvay, qui serait basé à Paris.