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L'annonce d'un possible rachat de Brussels Airlines par Lufthansa ou l'existence de discussions visant à rejoindre une alliance aérienne ne semblent pas surprendre outre mesure le personnel de la compagnie aérienne belge. "Ce n'est pas une nouveauté que Brussels Airlines cherche un partenaire solide. Personne n'est opposé à cette option qui peut offrir des opportunités au personnel navigant. Par ailleurs, vu la consolidation dans le secteur, un rachat de Brussels Airlines ne sera pas vraiment une surprise. Mais on pensait plutôt que le rapprochement se ferait plutôt avec British Airways", nous a confié Xenia Delplace, chef de cabine principale "long courrier" et délégué de la CSC-Transcom.

Mais nombre des travailleurs de la compagnie se montrent indifférents à la stratégie d'alliance de Brussels Airlines. Ils sont davantage préoccupés par l'ambiance au sein de la compagnie qu'ils jugent "exécrable et délétère". Et pour cause. Il y a d'une part la mise en place d'une "liste de séniorité commune" pour les pilotes (ex-Virgin Express et ex-SN Brussels Airlines) qui suscite des grincements de dents. Elle règle notamment leur parcours au sein de la compagnie, leurs perspectives de carrière (passer de pilote à commandant de bord, etc.). La solution qui vient d'être arrêtée est de prendre en compte la date du contrat de chaque pilote, mais elle est loin de faire l'unanimité.

D'autre part, le recours à des pilotes "free lance" alourdit l'ambiance déjà plombée. "La compagnie fait appel à des pilotes loués par une société spécialisée d'intérim, Parc Aviation, basée à Dublin. Ils sont grassement payés pour des heures de prestations inférieures à celles des pilotes salariés. Ils peuvent aussi choisir le pays dans lequel ils veulent que Parc Aviation leur verse leur salaire, ce qui donne lieu à des contrats 'off-shore' où le salaire brut équivaut au net", dénonce un pilote souhaitant garder l'anonymat. Il prédit le départ de plusieurs pilotes de Brussels Airlines vers d'autres compagnies (Emirates, Ryanair, etc.).

La BeCA, l'association belge des pilotes reconnaît l'existence du système. "C'est vrai que Parc Aviation verse le salaire où ces pilotes veulent. Mais nous regrettons que la compagnie doive avoir recours à des sociétés de ce type, qu'elle paye très cher pour s'offrir les services de pilotes. Elle en manque cruellement et ferait mieux de rendre l'ambiance au travail agréable", précise Pierre Ghyoot, son secrétaire général.