Entreprise

Rattrapées par la crise du "subprime", les deux plus grandes banques suisses, UBS et Crédit suisse, ont annoncé lundi des revers dans leurs résultats trimestriels, UBS redoutant d'avoir perdu jusqu'à 800 millions de francs suisses sur la période. UBS, première banque du pays et numéro dix mondial, a annoncé avoir subi, via sa filiale Firc, une dépréciation d'actifs de 4 milliards de francs suisses (2,4 milliards d'euros). Les pertes de sa filiale du secteur banque d'investissement sont "principalement imputables à ses titres investis dans le marché hypothécaire immobilier à risque aux Etats-Unis" , a précisé UBS. Les mauvais résultats de Firc se traduiront "probablement" par "une perte avant impôts à l'échelle du groupe comprise entre 600 millions de francs suisses et 800 millions" au troisième trimestre.

Conséquence de cette déconfiture, la banque suisse va réduire de 1 500 personnes les effectifs dans son activité banque d'investissement. Crédit suisse, deuxième banque helvétique et numéro 12 européen, a également a annoncé lundi dans un communiqué que ses activités de banque d'investissement et de gestion d'actifs avaient été affectées "par les récents événements de marché" .

Les places financières européennes ont d'abord mal accueilli les mauvaises nouvelles en provenance de la Suisse avant de relativiser l'information et même de terminer sur une note positive. L'ampleur des pertes d'UBS "a largement dépassé nos prévisions" , a estimé Claudia Meier, analyste chez Vontobel, ajoutant cependant que cette annonce "apportera plus de visibilité" au secteur bancaire. "On dirait qu'UBS a concentré toutes ses mauvaises nouvelles au troisième trimestre de manière à poursuivre avec des résultats apurés" au quatrième trimestre, a indiqué à l'agence Thomson Financial un analyste de Francfort.

"La probabilité d'un problème chez UBS était déjà (intégrée) dans les cours et attendue", a commenté un vendeur d'actions parisien. Les agences de notation Fitch et Standard and Poor's avaient déjà pris leur distance avec UBS, avec des perspectives négatives, rappelle de son côté le courtier Merrill Lynch.

Les actions UBS et Crédit suisse ont clôturé en hausse de 3,04 pc et 2,26 pc à respectivement 64,50 et 79,05 euros. (AFP)