Entreprise

Nouvelle journée noire hier pour Suez: au terme d'une nouvelle séance noire, l'action a finalement plongé en clôture de 13,64 pc à 8,80 euros.

En cause, de nouvelles rumeurs sur une éventuelle crise de liquidités au sein du géant français des services aux collectivités, rumeurs alimentées par les intentions prêtées au management de Suez de céder rapidement sa participation dans M 6. Pourtant, du côté des analystes français, on estime qu'une telle crise de liquidités est improbable en 2003 - des questions se posent pour 2004 - en raison des liquidités dont disposent Suez et de la qualité des actifs qui pourraient être cédés dans les prochains mois. «Nous disposons d'un excédent de liquidités de plus de 7,3 milliards d'euros: nous n'avons aucun problème pour faire face à nos échéances en 2003 et nos métiers affichent une bonne résistance opérationnelle dans un environnement difficile», martèle-t-on chez Suez.

«On a le sentiment que les marchés veulent la peau de Gérard Mestrallet (NdlR: patron de Suez) et que seul son départ serait de nature à faire remonter le cours de l'action», explique un analyste français. «Les actionnaires de Suez devraient se poser la question de savoir comment renverser la tendance. La société pourrait par exemple racheter ses propres actions ou ses actionnaires se renforcer dans le capital pour faire remonter le cours ou intensifier la communication pour démontrer que le marché a tort», précise un analyste belge. Qui ajoute: «Suez vaut aujourd'hui en Bourse sa participation en Electrabel et en Fortis. Ce qui veut dire que le reste (Eau, Fluxys, Distrigaz, EGI,...) ne vaut rien aux yeux du marché. C'est incompréhensible!».

Enfin, dernière explication qui circule dans certaines salles de marché, des fonds américains s'en prendraient à Suez en raison de ses liens avec l'Etat français via les municipalités. En cause: la position de la France dans le dossier irakien. Une explication farfelue? À voir...

© La Libre Belgique 2003