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Pour le zinc, le déficit pourrait être dix fois plus important. Sans parler du cuivre dont les stocks, importants il n'y a guère, ont fondu sous les 100000 tonnes.

« On voit clairement progresser les métaux de base depuis 2003. La balance entre la demande mondiale et la production est largement déficitaire, en particulier pour le cuivre, le plomb et le zinc », analyse Patrick Van den Bossche, directeur d'Agoria métaux et matières premières, qui insiste sur la variété extrême des situations. C'est ainsi que la flambée du cuivre a une conséquence inattendue au Chili: les travailleurs du groupe Dodelco, premier exportateur mondial, font grève pour réclamer des hausses de primes. Leur action exacerbe les cours et attise l'inflation. Patrick Van den Bossche relativise toutefois: « la flambée des métaux est entretenue par la pression exercée sur les fondamentaux alors que la spéculation, difficile à estimer, est sans effet sur la production ».

Il n'en reste pas moins que les investisseurs, en quête incessante de diversification de leurs portefeuilles, y intègrent une dose significative de matières premières, du pétrole au café, en passant par le cuivre et le zinc, vu que leurs perspectives à long terme sont jugées favorables. « Dans ce cas, les métaux ne sortent pas des stocks physiques. Il s'agit uniquement de papier, de transactions virtuelles. Il est normal, au vu de l'évolution des cours, que les gens soient fortement attirés », souligne Patrick Van den Bossche qui scrute quotidiennement les cours du London metal Exchange.

L'an passé, déjà, les matières premières ont permis à plusieurs fonds d'investissement d'empocher de substantiels bénéfices. D'après la banque britannique Barclays, ceux-ci pourraient placer 110 milliards de dollars en 2006 contre 80 milliards en 2005. Et selon les économistes de Goldman Sachs, cités par «Le Figaro», « quand un gestionnaire qui pèse 100 milliards de dollars consacre 1pc aux métaux, cela fait 1 milliard. Sur un marché somme toute petit, l'impact sur le prix est sérieux ».

Tout porte à croire, d'après les experts, que les prix des métaux de base resteront élevés en 2006 même si, après quatre années de croissance à deux chiffres, certaines corrections ne sont pas inimaginables. Par ailleurs, un léger ralentissement de la croissance mondiale, un resserrement modéré de la politique monétaire aux Etats-Unis et en Europe et les prémices d'une réaction de l'offre aux prix rémunérateurs d'aujourd'hui sont des facteurs qui pourraient conduire les prix à une certaine modération. Mais tout est relatif: pas un analyste ne s'aventure à prédire un net repli dans un avenir proche! C'est à peine si quelques réserves sont émises par rapport au deuxième trimestre...

Pour l'heure, de nombreux secteurs de l'industrie souffrent de ces prix élevés et cherchent des substituts. Tel ce fabricant d'acier inoxydable qui a décidé de se passer nickel et de cuivre dans certains alliages. Telles les entreprises belges qui n'utilisent plus que du plomb recyclé. Les exemples épinglés ci-dessous sont, à ce propos, particulièrement éclairants.

© La Libre Belgique 2006