Entreprise

En Belgique, comme dans la zone euro, les prêts aux entreprises représentent une part importante (environ 40 %) du volume de prêt octroyé par les institutions financières. En règle générale, une croissance saine du crédit bancaire aux entreprises - comme aux particuliers - contribue positivement à la croissance économique. A l’inverse, une croissance du crédit trop forte est susceptible d’entraîner un endettement excessif menant à d’importants effets de levier, tandis qu’une croissance atone déprime la machine économique.

A cet égard, les dernières statistiques disponibles pour la Belgique, qui font état d’une croissance relativement faible du crédit bancaire aux entreprises (+ 1.3 % entre mars 2012 et 2013), ne sont guère réjouissantes. Il est donc important d’appréhender l’évolution du crédit bancaire aux entreprises et de chercher à savoir si celle-ci reflète des facteurs d’offre (de la part des banques) ou de demande (de la part des entreprises).

De toute évidence, les réponses à apporter ne sont pas les mêmes dans un cas ou dans l’autre. A cette fin, les banques centrales de l’Eurosystème disposent notamment, depuis 2003, d’une enquête trimestrielle sur la distribution du crédit bancaire dans la zone euro (la "Bank Lending Survey"). En Belgique, cette enquête est menée par la BNB auprès des 4 grands établissements de crédit (BNP Paribas Fortis, Belfius, ING et KBC).

Les questions posées aux banques ont trait aux conditions de crédit offertes aux entreprises (marges, maturité, garanties exigées, frais, etc.), à leur perception de l’offre et de la demande de crédit, ainsi qu’aux facteurs sous-jacents. Un article à paraître ce jeudi 13 juin dans la "Revue de la Stabilité Financière de la BNB" s’intéresse plus particulièrement au contenu informatif des réponses des banques belges quant à l’offre et la demande de crédit. Que nous apprend-il ?

Tout d’abord, les réponses des banques permettent bel et bien de prévoir l’évolution du crédit aux entreprises en Belgique. Ainsi, lorsqu’au cours d’un trimestre donné, les banques indiquent avoir resserré l’offre de crédit ou avoir constaté une baisse de la demande de celui-ci, sa croissance (telle que mesurée par les chiffres officiels) a, en effet, tendance à fléchir au cours des trimestres suivants.

Ensuite, il est difficile de déterminer si l’évolution du crédit bancaire aux entreprises reflète de façon non ambiguë des facteurs d’offre ou de demande, l’identification de ceux-ci dépendant, en effet, du modèle statistique utilisé. Ce résultat est important dans le contexte actuel de ralentissement du crédit bancaire aux entreprises et des explications souvent divergentes qui sont avancées par les différents acteurs de cette problématique.

Enfin, les réponses des banques belges participant à la "Bank Lending Survey" ont été comparées à celles d’entreprises belges participant à une autre enquête menée par la BNB depuis 2009. Cette seconde enquête reprend un certain nombre de questions de la première, permettant ainsi de comparer l’appréciation des banques et des entreprises quant à l’offre et la demande de crédit en Belgique.

De manière a priori surprenante, une forte corrélation est observée entre les réponses des banques et des entreprises, indiquant que celles-ci ont une perception similaire de l’évolution de l’offre et de la demande de crédit.

De façon générale, l’article démontre l’utilité des enquêtes relatives au crédit bancaire menées par l’Eurosystème et la BNB. Etant donné que celles-ci sont encore relativement récentes, leur contenu informatif ne pourra qu’augmenter dans les années à venir.