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Il s’est longtemps tu. Le patron de Belgocontrol, l’organisme de contrôle de l’espace aérien belge, Johan Decuyper est enfin sorti du bois concernant l’épineux dossier du survol de Bruxelles. Accusé par certains de ne pas faire respecter les nouvelles routes aériennes imposées par le gouvernement sortant, l’ancien chef de cabinet de Henrik Bogaert (CD&V) a tenu à mettre les points sur les "i". "Nous ne faisons qu’appliquer ce que le politique nous dicte", explique -t-il. "Oui il y a eu de légères modifications au plan initial depuis le 28 mai dernier. Mais ces changements sont purement techniques : certains avions ne suivaient pas exactement le tracé voulu, d’autres prenaient un virage plus long. On a notifié ces problèmes."

Johan Decuyper est-il satisfait des routes du plan Wathelet ou faut-il les modifier ? "C’est une décision politique. Nous, ce que nous demandons, c’est de la stabilité." Avec le plan Wathelet, M. Decuyper regrette ainsi que ses contrôleurs aient eu à effectuer "énormément de changements de manière très rapides". "Je crois que si on décide de changer les routes actuelles, cela prendra du temps. Ce ne sera pas facile."

Pour éviter que de telles polémiques arrivent à l’avenir, le patron demande "davantage de transparence" sur la manière dont ce choix des routes est opéré.

Dans le mémorandum que Belgocontrol présente au futur gouvernement, un point l’explique clairement : il faut un cadre juridique "robuste et stable" pour l’établissement et les modifications de procédures de vol. "Cela se fait dans de nombreux pays, mais pas en Belgique", regrette le patron de Belgocontrol. Il faut une séquence clairement définie, avec des étapes précises, comme des études environnementales."

"Nous ne devons rien cacher aux riverains"

Pour Johan Decuyper, il est également primordial de redéfinir exactement le rôle de chacun dans le processus. "Pour l’instant, on nous demande parfois notre avis, notre expertise, mais notre rôle reste d’exécuter les décisions. Nous aimerions à l’avenir aussi avoir un droit d’initiative, même si la décision finale doit rester politique." Cette procédure "mieux définie" permettrait aussi à l’organisme de se prémunir contre des actions juridiques, comme l’ont, par exemple, intenté à son égard plusieurs bourgmestres bruxellois.

Enfin, Belgocontrol veut davantage informer les riverains. "Nous allons fournir un maximum d’informations au médiateur de l’aéroport, afin que ce dernier puisse répondre plus facilement aux plaintes et questions des riverains."

Autre projet : la mise en place d’un site Internet, en collaboration avec l’aéroport de Bruxelles-National, où toutes les informations concernant les pistes et routes utilisées seront accessibles au grand public. "Cela se fait déjà dans de nombreux aéroports, comme à Schipol (Amsterdam)", poursuit l’administrateur-délégué. "Il faut une transparence globale. Nous ne devons rien cacher et nous n’avons aucun problème avec cela." R.Meu