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Le constructeur japonais Suzuki, à rebours des autres groupes du secteur de l'automobile, a décidé de se désengager de la Chine, où ses petites voitures ne font pas recette, préférant concentrer ses efforts sur son marché phare qu'est l'Inde.

Dans un communiqué, le groupe a annoncé la vente à son partenaire local de sa part de 50% dans la co-entreprise Chongqing Changan Suzuki Automobile. La marque perdurera cependant via des véhicules produits sous licence.

"Il y a environ 25 ans, nous avons lancé le modèle Alto (populaire mini-véhicule) en Chine, et depuis nous avons fait des efforts pour développer le marché chinois", a commenté le patron de Suzuki, Osamu Suzuki.

"Cependant, les automobilistes se tournent de plus en plus vers des véhicules plus grands et nous avons donc décidé de transférer toutes nos actions à Changan Automobile", a-t-il souligné.

Au cours de l'exercice passé (avril 2017-mars 2018), Suzuki a livré seulement 105.000 véhicules en Chine (-29% sur un an), premier marché automobile mondial, sur des ventes totales de 3,22 millions de voitures, dont la moitié en Inde.

Il occupe dans ce pays une position dominante via la part majoritaire détenue dans le premier constructeur local, Maruti Suzuki. Selon des informations de presse, il prévoit d'y construire une nouvelle usine, avec pour objectif d'y tripler ses ventes à 5 millions de véhicules par an d'ici à 2030.

Les investisseurs ont semblé apprécier cette initiative qui permet à Suzuki de "se concentrer sur des domaines clés", selon les analystes de Goldman Sachs cités par l'agence Bloomberg. A la Bourse de Tokyo, l'action gagnait 1,70% à la mi-journée, sur un marché en repli.