Entreprise

Vous le savez sans doute, la plus grande partie des activités du groupe de services informatiques Systemat est passée dans le giron d’une nouvelle société qui a pour nom Systemat. Deux cadres de l’ancienne société, créée en son temps (1984) par Jean-Claude Logé, Bernard Lescot et Pierre Herpain, ont trouvé les financiers français et luxembourgeois capables de les aider à reprendre l’activité de services de Systemat, mais aussi la marque qui, d’après les études de marché, constitue un point fort. "Quand les gens entendent ce nom, ils l’associent directement à nos services. La marque est connue", nous explique Pierre Focant (notre photo), administrateur délégué de la société. Une société qui n’est pas cotée en Bourse : celle-là est d’ailleurs devenue Softimat, et détient toujours les bâtiments de Systemat, les logiciels comptables (Popsy) et du cash. Mais la nouvelle société, qui est chapeautée par une société holding reprenant les participations des partenaires financiers et celles de Pierre Focant et Vincent Schaller (20 %), est déjà sur de nouveaux rails. "La philosophie d’entreprise est différente, avec une présence de la direction au sein des équipes et une gouvernance capable de prendre du recul face aux affaires courantes, avec des participants extérieurs", assure Pierre Focant. Les deux jeunes quadragénaires, qui ont osé cette opération de "management buy out" (MBO), ne sont pas des débutants dans le secteur. Vincent Schaller est dans la boîte depuis 1993 et Pierre Focant depuis 2003. Ce dernier, ingénieur commercial, a fait ses armes chez Exell où il s’occupe rapidement des comptes entreprises, avant de prendre la direction de cette même division devenue filiale sous le nom de Square Speed, filiale tellement spécialisée qu’elle finit dans le giron de Systemat. "Il me semblait logique, après avoir donné à la division une autonomie en matière de capital, de lui trouver un actionnaire adéquat en raison de son caractère "B2B". J’ai clairement été à l’initiative de cette opération", nous explique Pierre Focant. C’était en 1999, quelques mois avant le début d’une crise profonde du secteur que l’on peut expliquer par l’aventure du bug de l’an 2000 (qu’on attend toujours), l’arrivée de l’euro (qui est sous pression), et la crise boursière née des attentes à propos de la "Nouvelle Economie" (qui a enfin démarré). La crise démarre en 2000 et, pour Systemat, elle est marquée par une longue descente aux enfers. "On a présenté des plans en vue d’une modification de l’entreprise, dans le sens d’une restructuration et d’une simplification de la structure. On a ensuite restructuré pour revenir aux bénéfices. Systemat est sortie de l’aventure internationale et a retrouvé en quelque sorte un visage plus humain. A ce moment, je suis allé voir Jean-Claude Logé pour lui proposer de reprendre une partie de l’activité Il a accepté !" Le passage à l’acte prend toutefois un peu de temps, et c’est aux derniers jours de 2010, finalement, que la transaction est finalisée. "On a repris 93 % de l’activité, et sur 2010, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros avec des bénéfices à la clé. La croissance ? On table sur un chiffre de 115 millions pour l’exercice en cours. La croissance externe ? Pourquoi pas, et pourquoi pas au nord du pays", conclut Pierre Focant. L’aventure Systemat n’est apparemment pas terminée.