Entreprise L’opérateur télécom flamand dit par ailleurs se réjouir d’un chiffre d’affaires en hausse de 3 % sur l’année 2016.

Je n’ai jamais été aussi populaire", s’est amusé d’entrée de jeu jeudi le CEO de Telenet, John Porter, en découvrant le nombre de journalistes présents au point presse du jour dédié à la présentation des résultats trimestriels de la société. Il faut dire que le contexte politico-financier actuel - comprenez, les dernières révélations relatives au scandale Publipart qui secoue à présent le Nord du pays - était on ne peut plus présent dans les esprits (voir ci-dessous). Mais avant de se frotter aux questions de la presse, l’Australien s’est attelé à exposer, non sans fierté, les résultats consolidés de l’entreprise pour le quatrième trimestre 2016.

En 2016, Telenet a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 2,429 milliards d’euros. De l’ordre de 175,7 millions d’euros en 2015, son bénéfice net avoisine les 41,6 millions en 2016, enregistrant une diminution de quelque 76 % par rapport à l’exercice précédent. "Ce résultat est entre autres lié à l’augmentation de l’EBITDA ajusté et a été influencé négativement par une perte pour extinction de dette de 46 millions d’euros (suite à des refinancements volontaires en 2016) et par une réduction de valeur de 31 millions d’euros sur un investissement dans une entité mise en équivalence", a commenté John Porter. Et le même de se féliciter dans la foulée : " Je constate avec plaisir que nous avons dépassé nos prévisions 2016. Sur une base remaniée, nous avons réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 3 % sur l’année 2016 alors que le pronostic était de 2 %. Cette progression est à attribuer avant tout à une solide croissance oscillant autour des 5 % pour notre activité câble grâce à une augmentation de 4 % des revenus d’abonnements au câble, contrebalancée en partie par une pression constante sur l’activité mobile que nous avons acquise […]".

WIGO, "le premier forfait convergent tout-en-un"

Telenet a en effet fait l’acquisition, en février 2016, de l’opérateur mobile Base, présent à l’échelle nationale. " En concluant cette opération, souligne le CEO , nous sommes passés du statut de loueur à celui de propriétaire dans le segment mobile, ce qui nous assure sur le long terme un accès à moindre coût à des infrastructures mobiles." L’intéressé n’a par ailleurs pas manqué de souligner le "solide envol" de WIGO, le premier forfait convergent tout-en-un de Telenet pour les familles et les entreprises. "Sur le plan de l’innovation, nous sommes incontestablement restés leaders du marché’, s’est targué M. Porter. Last but not least, Telenet a annoncé le lancement d’un nouveau programme de rachat d’actions, approuvé par son conseil d’administration, de quelque 60 millions d’euros pour une période de six mois, à compter du 16 février 2017.


L’ombre de Siegfried Bracke à la conf’ de Telenet

Jeudi 16 février 2017 à 10h, conférence de presse au siège de Telenet. Autant dire que les journalistes ne s’étaient pas déplacés en masse pour parler chiffres mais bien pour revenir sur le "publi-scandale" qui sévit depuis plusieurs jours au Nord du pays, singulièrement au sujet de la délicate situation du président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), et de son mandat rémunéré au sein du conseil consultatif de l’opérateur télécom flamand. Pour rappel, l’homme politique, par ailleurs chef de groupe N-VA au conseil communal de Gand, a annoncé mardi sur Twitter qu’il quittait son poste chez Telenet et ce, au regard de la polémique enflante autour de sa rémunération.

"Le conseil consultatif est un organe qui existait avant mon arrivée à la tête de l’entreprise, je ne suis même pas au courant du montant que perçoivent les conseillers, mais ce n’est pas énorme", a assuré jeudi le CEO de Telenet, John Porter. Interrogé sur la rémunération de ces derniers de l’ordre de 12 000 euros bruts annuels, avait dévoilé le socialiste flamand Peter Vanvelthoven qui a lui-même été membre du conseil, M. Porter a botté en touche. "Cela n’a rien d’inhabituel, je vois cela dans denombreux pays. L’écosystème est complexe en Belgique", a-t-il souligné pour justifier ce recours à des conseillers. "Le secteur est dominé par des liens politico-industriels", a ajouté l’Australien, probablement en référence à Proximus dont le conseil d’administration est en partie composé d’hommes politiques. "Nous n’avons jamais caché que nous disposions d’un tel organe", a-t-il conclu, tout en estimant que les actionnaires du groupe n’avaient pas à être particulièrement informés des montants ni même des noms des membres du conseil. "Les hommes politiques qui en faisaient partie ne se sont jamais occupés de dossiers de réglementations", a assuré le CEO.

Porter n’entend pas renoncer au conseil consultatif

John Porter n’a pas l’intention de renoncer à ce conseil au sein duquel ont notamment siégé des politiques comme Yves Leterme (CD&V), Siegfried Bracke (N-VA) ou Patrick Dewael (Open VLD), ainsi que l’ancien président de l’IBPT Eric Van Heesvelde. La situation sera toutefois réévaluée dans les prochaines semaines, a nuancé Ann Caluwaerts, vice-présidente Corporate Affairs de l’opérateur, qualifiant au passage la polémique actuelle de… "tempête dans un verre d’eau".