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Le constructeur de voitures électriques Tesla a annoncé mardi supprimer 9% de ses effectifs, soit près de 4.000 emplois, dans le cadre d'un vaste plan de restructuration destiné à dégager son premier profit depuis sa création en 2003.

Cette réorganisation, "difficile mais nécessaire" selon les mots du PDG Elon Musk, ne va pas affecter la production du Model 3, le véhicule censé transformer l'entreprise en groupe automobile de masse et dont les retards de production ont contribué à faire chuter l'action Tesla en Bourse lors des cinq premiers mois de l'année.

"Ces suppressions (d'emplois) sont entièrement effectuées dans les personnels administratifs; aucun employé de la production n'est concerné. Donc ceci n'affectera pas notre capacité à atteindre nos objectifs de production dans les prochains mois", a assuré M. Musk, dans un document adressé aux salariés diffusé ensuite sur son compte twitter.

Tesla a confirmé la semaine dernière viser l'objectif de 5.000 Model 3 fabriqués par semaine d'ici fin juin, estimant avoir résolu les problèmes de goulot d'étranglement ayant contrecarré ses projets initiaux. Le Model 3 est un véhicule dont le prix de base est de 35.000 dollars (environ 30.000 euros), ayant reçu 450.000 commandes nettes à fin mars et concurrencé par la Chevrolet Bolt de General Motors.

L'action bondit 

Au 31 décembre 2017, Tesla employait 37.543 salariés à temps plein, selon son rapport financier annuel. Ses effectifs évoluent beaucoup en fonction de ses montées en cadences et ont ainsi augmenté d'environ 15% depuis le début de l'année, selon un porte-parole, ce qui porte à près de 4.000 personnes le nombre d'employés qui vont devoir quitter l'entreprise.

"Tesla a grandi et évolué rapidement lors des dernières années, ce qui s'est traduit par des doublons dans certains rôles et fonctions", explique M. Musk, dont la surexposition médiatique vaut régulièrement au groupe de gros titres. Si ces doublons "faisaient sens par le passé, ils sont difficiles à justifier aujourd'hui".

Et de poursuivre: "Etant donné que Tesla n'a jamais dégagé un bénéfice annuel en presque 15 ans d'existence, les profits ne sont pas évidemment ce qui nous motive. Ce qui nous motive c'est notre mission d'accélérer la transition du monde vers une énergie propre et durable mais nous n'y parviendrons pas si nous ne pouvons démontrer que nous pouvons être rentables à terme".

A Wall Street, le titre gagnait 3,21% à 342,77 dollars vers 19H45 GMT, les investisseurs semblant saluer les efforts du groupe pour essayer d'être rentable cette année.

Depuis sa création, Tesla, qui s'est démarqué en transformant la voiture en un "gadget" électronique avec des technologies très avancées, brûle beaucoup d'argent, ce qui exaspère de plus en plus des financiers voulant un retour sur investissement.

Au premier trimestre, la trésorerie est restée dans le rouge, présentant un déficit d'un milliard de dollars.

Les flux de trésorerie disponible, qui mesurent la capacité d'une société à financer ses investissements, s'élèvaient, eux, à 2,7 milliards de dollars, soit 700 millions de moins comparé à trois mois plus tôt.

Ces chiffres ont renforcé l'hypothèse selon laquelle Tesla devrait lever de nouveaux capitaux et s'endetter davantage d'ici la fin de l'année s'il veut accélérer sa production à l'international, développer son SUV compact et "abordable" baptisé Model Y et financer ses autres projets dont son usine géante de batteries (Gigafactory) installée dans le Nevada (ouest).

Mais Elon Musk a jusqu'ici rejeté fermement ce scénario, allant jusqu'à promettre que Tesla allait gagner de l'argent au second semestre et présentera une trésorerie positive.

Outre les suppressions d'emplois, le constructeur automobile va réduire ses dépenses d'investissements à 3 milliards de dollars cette année, contre 3,4 milliards en 2017.

Il prévoit également de mettre fin à un partenariat conclu entre SolarCity Corp et l'enseigne de bricolage Home Depot, selon lequel le second vendait les panneaux solaires du premier. Tesla a racheté SolarCity en 2016.