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La direction du constructeur allemand Volkswagen a annoncé mardi suspendre son lobbyiste en chef pour le rôle qu'il a joué, de son propre aveu, dans l'organisation des tests d'émissions polluantes sur des singes.

"Thomas Steg (...) est libéré de ses responsabilités jusqu'à ce que la lumière soit faite sur les évènements", a indiqué le numéro un mondial de l'automobile dans un communiqué, assurant que "les investigations (internes) avançaient à grande vitesse".

La Commission européenne s'est quant à elle dite "choquée" mardi par la révélation de tests d'émissions polluantes visant des singes et des humains dans l'industrie automobile allemande.

"Nous sommes choqués par ces nouvelles comme n'importe qui d'autre", a dit le porte-parole de l'exécutif européen, interrogé par la presse. "Nous prenons note du fait que les autorités allemandes visent à enquêter sur ce sujet et nous espérons qu'elles le feront", a-t-il ajouté. "Je pense que c'est aux autorités nationales de traiter le sujet" et ce type de sujet "requiert une action urgente des autorités nationales", a précisé le porte-parole de l'exécutif européen. La commissaire européenne à l'Industrie Elzbieta Bienkowska a estimé sur Twitter que ces tests étaient "immoraux et inacceptables pour une entreprise européenne au 21e siècle". 

Le scandale des moteurs diesel est revenu hanter les constructeurs allemands après des révélations sur des tests visant des singes et des humains pour mesurer l'impact des émanations de diesel. Volkswagen, BMW, Daimler et l'équipementier Bosch affrontent deux affaires distinctes mais révélées quasi-simultanément, impliquant toutes deux un organisme de recherche qu'ils finançaient, l'EUGT, fermé depuis. 

Le premier scandale, dévoilé par le New York Times, porte sur des tests menés aux Etats-Unis sur des singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu'on leur faisait respirer la fumée émise par une Volkswagen Beetle. Les journaux allemands Stuttgarter Zeitung et Süddeutsche Zeitung ont ensuite évoqué lundi d'autres tests, cette fois en Allemagne et sur des êtres humains. Un institut hospitalier d'Aix-la-Chapelle, mandaté par l'EUGT, aurait ainsi fait inhaler en 2013 et 2014 du dioxyde d'azote (NO2) à 25 personnes en bonne santé, à des concentrations variées, détaillent les deux journaux.