Entreprise Le Vice-président de l’Union wallonne des entreprises (UWE) appelle les présidents de partis à mener des politiques totalement différentes : "Vu que la priorité socio-économique est partagée par tous, le blocage politique est avant tout émotionnel et conflictuel… mais il y a urgence !". Loin du politiquement correct, ce Montois à la tête de la biscuiterie Desobry partage son analyse politique et économique sans concession. Thierry Huet est l’Invité du samedi de LaLibre.be

Extraits de cet entretien réservé à l'Edition abonnés (4.83€/mois):

Les quatre principales organisations patronales ont tiré la sonnette d’alarme suite au nouveau blocage politique au fédéral. Vous craignez une longue crise alors que cela fait seulement 30 jours que les Belges ont votés ?

Quand je vois les guéguerres entre personnes et entends les réactions des partis, je suis surpris de voir qu’on a eu une crise de plus de 500 jours pour des raisons communautaires, alors qu’aujourd’hui, ‘tout le monde’ est d’accord pour ne pas parler de communautaire. Tout le monde veut faire un gouvernement socio-économique, soit un sujet fondamental. Je crois que personne ne mesure la durée que l’actuelle crise pourrait avoir. Vu que la priorité est partagée, le blocage politique est avant tout émotionnel et conflictuel… Plus personne n’ose prendre la main, mais il y a urgence ! On doit apporter – le plus vite possible - des changements essentiels dans notre économie. Pendant ce temps, des entreprises ferment (13.000 faillites) et des entrepreneurs subissent d’innombrables écarts de compétitivités par rapports à nos concurrents étrangers. Quand va-t-on prendre conscience qu’il faut agir vite ?

Vous dénoncez un blocage émotionnel. Benoît Lutgen doit-il faire marche-arrière ?

C’est sa décision. Je ne veux aucunement intervenir dans le choix d’une coalition.

Les organisations patronales affirment ne pas spécifiquement soutenir une coalition de droite. Pourtant, on a le sentiment que c’est justement cette opportunité qui vous échappe qui vous motive à tirer la sonnette d’alarme.

Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) dit lui-même que nos propositions ne peuvent pas être présentées dans l’audiovisuel car elles seraient trop proches d’un parti, le MR. Mais, nous avons d’abord nos convictions sur le redressement de la Wallonie. Nous ne sommes pas liés à un parti. Le CSA affirme donc que les autres partis sont plus éloignés de nos positions. Nous préférons surtout avoir autour de la table des gens qui partagent nos convictions pour l’avenir de la Wallonie et de ses entreprises. Avec un PIB plus faible que ceux des pays qui nous entourent, il est temps de faire en sorte d’agrandir notre gâteau. Je suis Montois, mais quand je me promène dans certaines régions du Hainaut, il y a de quoi se poser de sérieuses questions. A un moment donné, il faut avoir la franchise de le dire. D’autant que quand vous voyagez, vous constatez que cet écart s’amplifie.

"Il faut avoir la franchise de le dire", vous sous-entendez qu’il y a une forme de retenue qui étouffe le débat ou cache la réalité ?

Oui, bien sûr ! A l’instar du monde anglo-saxon, on devrait aussi pouvoir dire les choses dans le calme, la sérénité et le respect des uns et des autres. La Wallonie est en retard. Ce n’est pas moi qui le dis, les chiffres démontrent qu’on a juste stabilisé un niveau minimum. Des milliards ont été injectés, des plans se sont succédés… mais il faut les réussir. Les plans à l’horizon 2020, c’est aujourd’hui qu’il faut les appliquer pour y parvenir. Ils se gagnent maintenant. En 1990, on voulait rejoindre la moyenne européenne en 2010. On y est ? Non ! Donc, on a un problème. Si je m’enferme dans le politiquement correct, je deviens partie prenante dans une situation qui ne va pas.

Cela passe par un PS dans l’opposition en Wallonie ?

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