Thunder Power dévoile le modèle de voiture électrique Chloé qui sera produit à Gosselies

Isabelle Lemaire Publié le - Mis à jour le

Entreprise
Vendredi après-midi, la presse belge mais aussi quelques journalistes chinois, convergent vers le site de Caterpillar à Gosselies. Vers le gigantesque atelier B, plus précisément où une cérémonie se prépare. Depuis le départ de la multinationale américaine il y a quelques mois, le site a été entièrement préservé. Tout, à l'intérieur, semble comme figé, hormis le fait que les ateliers sont vides de tous les anciens travailleurs et que plus aucun signe n'indique nulle part "Caterpillar".

Les officiels wallons (le bourgmestre PS de Charleroi Paul Magnette, Pierre-Yves Jeholet, ministre MR de l'Economie, Renaud Witmeur, patron de la Sogepa, bras financier de la Région wallonne) arrivent eux aussi. Ils sont là pour la signature de l'accord conclu avec le fabricant chinois de voitures électriques Thunder Power qui a choisi Gosselies pour y installer son futur centre de production pour l'Europe.  



"Nos voitures seront européennes, pas chinoises"

Sous un drap blanc, on devine la Chloé, le premier modèle qui sera assemblé à Gosselies dès 2020. Baptisé d'après le prénom de la petite-fille du CEO de Thunder Power, Wellen Sham, présent pour l'événement.

© GUILLAUME JC


L'homme, affable, répond aux nombreuses questions des journalistes belges avant même que la cérémonie commence. Il confirme l'objectif (non daté) de créer 4000 emplois sur le site.  Il souligne que Gosselies a été choisi pour son emplacement au cœur de l'Europe et à proximité de voies d'acheminement de marchandises. "Les véhicules Thunder Power seront européens, pas chinois", dit-il.

Il annonce qu'il compte également vendre les voitures produites à Gosselies hors du marché européen. "Peut-être aux Etats-Unis, en Extrême Orient. Les Coréens et les Japonais nous disent qu'ils aiment nos voitures."

Wellen Sham met évidemment en avant les qualités de ses voitures car il s'agira de les vendre. Thunder Power est un nouvel acteur du secteur automobile et il faut convaincre les futurs consommateurs, encore peu tentés par l'électrique. "Notre modèle Sedan (qui sera assemblé à Gosselies dans un second temps, NdlR) a une autonomie de 650 km et nous sommes les seuls au monde à atteindre cela. Nos véhicules sont simples, légers, dotés d'un tableau de bord intelligent, de technologies innovantes. Nous avons déposé 650 demandes de brevets et en avons déjà 200", lance le CEO. "Le futur sera électrique", conclut-il.


Un secteur d'avenir

La petite cérémonie débute avec une courte allocution du ministre de l'Economie." C'est un investissement important pour la Sogepa (50 millions d'euros pour le lancement de la Chloé, NdlR) mais il y aura un retour, et pas que financier. Ce projet inscrit notre région dans un secteur d'avenir", déclare Pierre-Yves Jeholet qui conclura son speech avec quelques mots en mandarin, provoquant des rires polis des Chinois dans l'assistance.

Renaud Witmeur de la Sogepa prend la parole à son tour pour évoquer "l'immense espoir que cette signature représente, deux ans après l'annonce de la fermeture de Caterpillar". Il ajoute : "On a besoin d'industrie en Wallonie et Thunder Power en est l'exemple."

Minuscule voiture aux couleurs belges

Le CEO chinois fait sa présentation, l'accord est signé sous les flashes des photographes et le voile est enfin levé sur la Chloé.

© GUILLAUME JC


La voiture est rouge et son toit a été peint aux couleurs de la Belgique. Le modèle deux places est minuscule, trop petit pour les standards européens. Il sera d'ailleurs adapté.

© GUILLAUME JC

© GUILLAUME JC


"J'assume"

Lors du drink de clôture, nous demandons au ministre Jeholet ce qu'il pense du fait que les Chinois ont imposé à la Sogepa que l'argent de leur investissement transite par les Iles Vierges britanniques, un paradis fiscal où est basé le holding Thunder Power. "C'est de l'optimisation fiscale et il ne faut pas éluder cette question. Le pays est sur liste grise et pas noire. Si on n'avait pas fait l'investissement pour cette raison, on nous l'aurait reproché. On l'a fait, c'est un risque pour moi et le gouvernement mais je l'assume politiquement."
Isabelle Lemaire

Facebook

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM