Entreprise

Après deux nuits de grève et d'intenses négociations, les travailleurs de TNT Express ont repris le travail dans la nuit de mercredi à jeudi. Non sans avoir obtenu satisfaction sur leurs principales revendications. L'accord signé entre direction et syndicats prévoit que la prime au mérite que la direction a distribuée à 30 pc des employés pour l'exercice 2006 passera de 200 à 400 euros bruts et bénéficiera à tous les travailleurs (employés et ouvriers). Pour rappel, c'est l'octroi de cette prime, dont le principe avait, selon les syndicats, été interdit par la convention collective 2005-2006 qui est à l'origine de la grève. Aujourd'hui, les choses semblent rentrer dans l'ordre.

La direction accepte aussi de fixer, en concertation avec les syndicats et dans le cadre de la convention collective 2007-2008, des critères objectifs devant encadrer l'octroi des primes. "L'accord comporte un 3e point qui fixe un agenda de règlement des problèmes liés notamment à la non-application des conventions collectives au sein de l'entreprise (changement de statut pour des travailleurs ignoré, etc.)", dit Thierry Grignard, secrétaire régional de la FGTB Métal. Directeur général de TNT Airways, Niky Terzakis que nous avons contacté se refuse à émettre un quelconque commentaire sur le mouvement qui a paralysé les activités de l'opérateur à Liège-Airport. Mais selon nos informations, l'action des travailleurs aura des dégâts collatéraux.

Perte de 4 gros clients

Dans le chef de l'opérateur, celui-ci aurait perdu quatre clients majeurs avec à la clé, une amputation de son chiffre d'affaires futur d'un montant d'environ 100 millions d'euros. Il faut dire que lors des mouvements précédents, TNT avait indiqué en 2005 qu'un blocage de ses activités à Liège entraînait des pertes non compensées d'environ cinq millions d'euros (coûts fixes) par jour.

Le site de Liège risque de pâtir sérieusement du mouvement des travailleurs. Déjà, l'opérateur aurait décidé de suspendre la réalisation de la deuxième partie d'un investissement d'environ 94 millions d'euros destiné à agrandir ses installations à l'aéroport de Liège. Par ailleurs, il aurait également lancé une étude de relocalisation de ses activités et sur ce plan, il semble que Liège ne figure plus dans le haut du panier des sites susceptibles d'être retenus. Or, une réduction des activités de TNT à Liège écornerait l'image de l'aéroport auprès d'éventuels investisseurs. "TNT est un faire-valoir pour nous dans nos démarches de prospection. Par ailleurs, TNT lui-même vend Liège à l'étranger", commente-t-on à la SAB, gestionnaire de Liège-Airport. La grève de ces derniers jours a relancé le débat d'une paix sociale à Liège-Bierset. "Nous n'avons rien contre la paix sociale, mais l'entreprise doit d'abord apprendre à respecter les conventions collectives", dit Thierry Grignard.