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ANALYSE

En ce mois de mai, les assemblées des actionnaires se suivent et se ressemblent souvent. A chaque fois, c'est le même rituel. Le conseil d'administration propose un dividende qui est soumis au vote. Et en général, il est adopté... à l'unanimité.

Il faut dire qu'après le krach boursier du début des années 2000, les investisseurs sont devenus plus raisonnables. Ils ont boudé des sociétés comme Microsoft qui refusait jusqu'à il y a peu de distribuer un dividende en dépit d'un cash de 30 milliards de dollars. Ils ont délaissé les valeurs dites de croissance pour revenir à des critères de sélection plus traditionnels tels que la politique de dividende. Ils apprécient le dividende, car ils y trouvent une bonne indication sur la qualité des résultats et sur la santé financière de la société. Ils rejoignent ainsi tous ceux qui affirment que la seule logique d'une action c'est le dividende et non pas la plus-value. Et ils ont eu raison. « Le choix du haut rendement a été une stratégie payante depuis l'éclatement de la bulle Internet», souligne Thierry François, analyste à la Fortis Banque et auteur d'une étude sur le sujet.

Cette étude met en effet en exergue la bonne corrélation dans un marché baissier entre la performance d'une action et son rendement attendu (en termes de dividendes). Ainsi de janvier 2002 à mars 2003, quand les marchés boursiers étaient en pleine déprime, la plupart des sociétés immobilières (Cofinimmo, Befimmo, WdP,...) ainsi qu'Electrabel ou Fluxys (transport de gaz) ont surperformé. Une exception: Mobistar qui a gagné 31 pc alors qu'elle n'a toujours pas distribué de dividende. Pour l'opérateur mobile, le premier paiement de dividende est prévu à l'issue de l'assemblée de 2005. Cette jeune société créée il y a huit ans doit en effet reconstituer le capital social. «Il faut d'abord constituer une société saine», explique le porte-parole.

Des actions comme Solvus, IBA, Delhaize ou Omega Pharma qui affichent un rendement attendu faible ont eu, quant à elles, une performance médiocre pendant la période sous revue.

Pendant cette même période, il est aussi apparu que plus le rendement est élevé moins la volatilité de l'action est forte. En d'autres mots, les investisseurs ont eu moins de sueurs froides avec les Electrabel ou les sicafi.

S'il apparaît que certaines grandes entreprises sont plus généreuses que d'autres, quasi aucune d'elles n'a toutefois négligé la politique de dividende au cours de ces dernières années. La hausse moyenne annuelle du dividende des 35 plus grandes sociétés est de 7,7 pc au cours de ces vingt dernières années. Une hausse impressionnante. Certaines entreprises comme Colruyt ou Econocom ont même été capables de soutenir une croissance à deux chiffres. D'après Thierry François, cette forte croissance trouve une explication dans le côté assez défensif des sociétés belges. Ce sont «des entreprises assez rentables qui peuvent se permettre de distribuer un dividende élevé. Elles ne sont pas comme des entreprises en forte croissance qui ont besoin de leurs bénéfices pour croître».

La combinaison de dividendes plus élevés et de cours boursiers plus bas a eu pour effet de pousser les rendements «à des niveaux impressionnants», souligne l'étude. D'une moyenne de 2 pc pour le marché belge à la fin des années 90, on est passé à 3,5 pc à la fin 2003, soit à des niveaux à peine plus bas que les taux d'intérêt à long terme.

En tête de peloton, les sicafi qui doivent distribuer 80 pc de leur résultat courant et dont le précompte sur le dividende est limité à 15 pc. On pourrait quand même se demander si la générosité de certaines entreprises ne se fait pas au détriment de leur santé financière. Au cours de ces dernières décennies, le payout ratio (part du bénéfice payée en dividendes) tournait autour de 40-50 pc. En 2002, il est monté jusqu’à 80 pc en raison essentiellement de la chute des bénéfices. De quoi s’inquiéter?

Certaines entreprises comme Fortis ont dû, en 2003, puiser dans leurs fonds propres pour financer le paiement du dividende. Ce qui n’a pas effrayé le marché. Au contraire. L’action avait fortement monté après l’annonce du maintien du dividende.

Selon de nombreux experts, une telle démarche ne pose pas de problème dès l’instant où des réserves ont pu être accumulées les années précédentes en raison d’un “payout ratio” généralement limité à moins de 50 pc. Toutefois, ce genre de scénario ne peut pas durer éternellement. Si les bénéfices ne repartent pas à la hausse, le niveau du dividende risque d’être remis en cause. En 2002, six grandes sociétés ont réduit leurs dividendes. Pour certains analystes, le dividende des sicafi présente le risque d’être réduit car le payout élevé (80-100 pc) de ces sociétés ne laisse pas une grande marge de sécurité en cas de baisse des loyers.

Afin de mesurer ce risque de baisse de dividendes, il existe différentes méthodes comme celle basée sur le “free cash flow” (marge d’autofinancement nette). De quoi rendre la politique d’investissement basée sur les dividendes encore plus sécurisante…

© La Libre Belgique 2004





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