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Si Belfius est privatisée, cela ne sera sans doute pas avant mai 2018. Pourquoi faut-il tant de temps ? Des éléments tels que le dossier Arco pourraient jouer. Quant au marché, il serait prêt à acheter mais pas à n'importe quel prix.

La banque Belfius sera-t-elle bien introduite en Bourse avant la fin de cette législature en 2019 ? Cette question peut paraître hors de propos vu l’accord obtenu au sein du gouvernement il y a quelques mois. Il n’en reste pas moins que les récentes déclarations laissent planer un certain doute sur l’issue du dossier, en particulier sur le timing. C’est d’autant plus étonnant qu’une étude faite en 2015 par Nomura, Leonardo&Co et SynCap sur les participations de la SFPI (le holding public fédéral) avait déjà déblayé le terrain. Il se pourrait donc que derrière certaines explications officielles, se cachent d’autres éléments passés sous silence.

Lors de la présentation des résultats semestriels, Marc Raisière a évoqué une cession de 30 % du capital de la banque actuellement détenue à 100 % par l’Etat fédéral. Il s’est ainsi aligné sur la position prise quelques semaines auparavant par le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA). Il a aussi dit qu’il y avait une fenêtre de tir en "mai-juin 2018".

La direction a justifié ce délai de près d’un an par plusieurs éléments : les banques d’affaires - le coordinateur global doit encore être désigné - doivent tester le marché et préparer le prospectus d’émission; il faut voir si l’épargnant belge et en particulier les anciens actionnaires du groupe franco-belge Dexia seront prêts à réinvestir dans une banque. Belfius se prépare aussi avec une dizaine de groupes de travail mis sur pied.