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Ce ne sont plus seulement les proches habitants des centrales nucléaires qui recevront des pilules d’iode à titre préventif, mais bien toute la population vivant sur le territoire belge. C’est ce que la ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), a expliqué au Parlement ce mercredi (en commission Santé publique de la Chambre). Pour rappel, ces pastilles d’iode permettent de protéger la thyroïde face à la radioactivité.

Un rayon de 100 km

Le gouvernement fédéral s’est donc rangé finalement derrière l’avis du Conseil supérieur de la santé (entre autres), qui conseillait de prévoir des distributions d’iode à la population à titre préventif (donc sans attendre, évidemment, un incident ou un accident nucléaire…) dans un rayon de 100 km autour des centrales et non dans un rayon de quelques kilomètres à peine (20 km) comme c’est le cas actuellement.

Conséquence automatique de cette décision de la "suédoise" annoncée par la ministre De Block : c’est en fait l’entièreté du territoire belge et de ses habitants qui sera concernée par la distribution. En effet, il faut prendre en compte également les zones autour des centrales des pays voisins de la Belgique, zones qui recouvrent en partie certaines régions belges. Bref, au final, tout le pays est concerné par cette superposition de territoires jugés sensibles car à moins de 100 km des réacteurs.

Pour Jean-Marc Nollet, le député fédéral Ecolo qui suit de très près le dossier nucléaire, c’est une bonne nouvelle. Mais elle ne suffit pas. "Le gouvernement accède enfin à notre revendication et à la recommandation du Conseil supérieur de la santé, se réjouit-il. Vu la densité de population et le risque que fait courir le nucléaire, cette distribution large - aux frais d’Electrabel - était absolument nécessaire. Mais attention, ce n’est pas parce que chacun recevra ses pilules que le risque nucléaire n’existe plus. Qui plus est, les conséquences sanitaires, environnementales et économiques d’une telle catastrophe ne sont pas évacuées parce qu’on distribue des pilules."

"Ne pas prolonger Doel 1 et 2"

Naturellement, le mandataire vert en profite pour rappeler le principe de base que défend son parti et qui dépasse la simple question de l’iode : "La seule solution est de respecter le calendrier initial de sortie du nucléaire, de ne pas prolonger Doel 1 et 2 et de suspendre la relance des réacteurs fissurés de Doel 3 et Tihange 2, comme le demandent l’Allemagne, le Luxembourg et bien d’autres citoyens. L’accord sur la distribution des pilules n’est qu’une première étape vers un retour à la raison."