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Les autorités communales de Liège le reconnaissent d'emblée : c'est la récente législation wallonne sur les "périmètres de remembrement urbain" qui a donné un nouveau souffle immobilier à la Ville. Une législation qui autorise, dans un pourtour bien défini et à condition qu'il y ait une modification de voirie ainsi que le dépôt d'un projet urbanistique, de balayer tous les plans et obligations précédents. En d'autres mots, une zone de "non-droit" dans laquelle tout peut être refait.

C'est ce que la Ville de Liège a prévu et présenté au Mipim. "Le périmètre d'une dizaine d'hectares débute au seuil de la nouvelle gare TGV des Guillemins, dessinée par l'architecte catalan Calatrava, et se prolonge, au-delà de la Meuse, jusqu'à l'île de la Boverie, puis au coeur du projet de la Médiacité" , explique Willy Demeyer, bourgmestre de Liège. Une île culturelle puisqu'elle abrite déjà le musée des Arts et de la Culture et devrait se voir agrémentée d'un centre d'accueil, d'expositions temporaires et de services.

Le gros du travail de planification est donc réalisé. De même que la plupart des expropriations. L'ensemble du site ne compte plus qu'une poignée de propriétaires : la Ville, la SRWI, la SNCB et Fedimmo.

L'axe principal s'étend sur un kilomètre. Il débute place de la Gare, se prolonge par une esplanade, soit un large espace public bordé d'un côté de nouveaux immeubles, de l'autre des maisons existantes, et aboutit à la Meuse qu'il enjambe via une passerelle (pour piétons, cyclistes...). "L'objectif à court terme, ajoute le bourgmestre, est de trouver les moyens financiers pour réaliser les aménagements publics, de même que la couverture de l'axe routier bordant le fleuve. Ce sont eux qui représentent la cohérence du projet. C'est par là qu'il faut commencer."

La Ville était présente au Mipim pour conforter le projet. Pas tant, du moins pour l'instant, pour trouver des investisseurs. Car il y en a un, de taille, qui occupe déjà une belle part du site : la sicafi Befimmo depuis qu'elle a racheté une partie du portefeuille de l'Etat inscrit dans la société Fedimmo.

500 nouveaux logements

La Ville de Liège aurait préféré que la tour des Finances et les bâtiments alentours (40 000 m2, 900 fonctionnaires) n'entrent pas dans Fedimmo. Mais l'Etat ne l'a pas écouté. Elle a dès lors fait de Befimmo un partenaire. "La Régie des Bâtiments est locataire jusqu'au 31 décembre 2012, ajoute Willy Demeyer. C'est un peu cette date qui conditionne l'étalement du projet." Non sans reconnaître que pour tout mettre en place, 5 ans ne sont pas superflus.

En chiffre, ce nouveau quartier comptera 100 000 m2 de bureaux, 10 000 m2 d'Horeca (principalement un hôtel de minimum 200 chambres), 500 nouveaux logements et quelques commerces. Actuellement, c'est au Feder (fonds structurel Objectif 2) que la Ville fait les yeux doux, qui devrait lui apporter les 35 millions d'euros nécessaires aux travaux d'infrastructure. Le tout récent effacement de sa dette facilite les choses. Parallèlement, elle assiste au déchaînement d'offres que suscite le départ des fonctionnaires des Finances. Tout porte à croire que c'est dans un nouvel immeuble à construire rue du Plan Incliné, le long des rails du chemin de fer, propriété de la SNCB, qu'ils trouveront place. Même si Befimmo-Fedimmo, comme d'autres développeurs d'ailleurs, tentent également leur chance avec différents projets.