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Solvay est entré, hier, dans le très peu enviable «Top 10 » des entreprises à avoir écopé des plus grosses amendes de la Commission européenne. Le groupe belge fait, en effet, partie des sept chimistes condamnés par l'exécutif européen à payer un montant total de 388,128 millions d'euros pour s'être entendus, entre 1994 et 2000, sur les prix dans le domaine des peroxydes d'hydrogène et du perborate. Ces agents blanchissants sont utilisés entre autres dans les industries du papier, du textile et des détergents.

Leader mondial dans ce secteur (avec des ventes de 418 millions en 2005), le groupe chimique belge écope de la plus lourde amende. Soit 193 millions d'euros au total, dont 26 millions pour Solvay Solexis (ex-Ausimont), la filiale de l'Italien Edison rachetée en 2002 par le groupe belge. Solvay est ainsi la première société belge à être si sévèrement sanctionnée par l'Europe (voir encadré).

Hormis Edison, les cinq autres groupes dans le collimateur de la Commission sont Akzo Nobel, Snia, FMC/Foret, Kemira et Total/Elf Aquitaine/Arkema.

La Commission reproche à ces entreprises d'«avoir échangé, entre 1994 et 2000, des informations commerciales importantes et confidentielles, d'avoir limité leur production, de s'être réparti les parts de marché et les clients et d'avoir contrôlé les prix du peroxyde d'hydrogène et du perborate». Neelie Kroes, la commissaire chargée de la concurrence (notre photo), a justifié le montant de l'amende -le plus élevé depuis 3 ans et demi dans une affaire de cartel- par le fait que «certaines entreprises sont récidivistes». C'est le cas de Solvay, déjà épinglée en 1984. Deux autres entreprises faisant partie du cartel ont été blanchies: Degussa pour avoir fourni des renseignements sur l'entente et Air Liquide qui, ayant quitté le marché du peroxyde d'hydrogène en 1989, a bénéficié de la prescription.

Impact nul sur les résultats

L'amende infligée hier à Solvay intervient deux mois à peine après celle de 35 millions d'euros dont le groupe a écopé aux Etats-Unis pour son implication dans un cartel identique. Malgré cela, l'entreprise assure que la décision européenne n'aura pas d'impact sur ses résultats 2006. «Les provisions constituées en 2004-2005 couvrent le montant de l'amende», a indiqué Martial Tardy, son porte-parole. Confirmation sur les marchés: l'action a clôturé, hier, la séance à 92,85 euros (-0,43 pc).

Estimant «avoir coopéré activement à l'enquête», Solvay juge la sanction «excessive». «Nous envisageons de faire appel devant le tribunal de première instance des Communautés européennes à Luxembourg», précise M.Tardy. Le groupe, qui reconnaît que les faits se sont passés «à la fin des années 1990 », pourrait contester la durée de l'infraction. Il a deux mois pour interjeter appel. S'il ne le fait pas, il devra verser le montant dû endéans les 3 mois.

© La Libre Belgique 2006