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L'homme le plus puissant du monde s'en prend à l'homme le plus riche du monde: le président Donald Trump a exprimé jeudi son "inquiétude" concernant le peu d'impôts que paierait le groupe de Jeff Bezos, Amazon, aux Etats-Unis.

"J'ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l'élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d'impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d'énormes pertes aux Etats-Unis) et provoquant la fermeture de milliers de commerces!", a-t-il accusé dans un tweet matinal.

A l'ouverture du marché, les répercussions se faisaient une nouvelle fois sentir. Amazon perdait 1,7%.

La veille, les rumeurs sur la volonté du président d'encadrer la domination du géant de l'internet avaient déjà fait fortement chuter le cours de l'action à la Bourse de New York: -4,38% en fin de journée, ce qui s'est traduit par une perte de 31,4 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Le site Axios avait publié dans la journée un article faisant état de "l'obsession" du président américain pour Amazon et son souhait de s'en prendre au groupe de Jeff Bezos à travers des lois antitrust.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump multiplie les attaques contre l'entreprise basée à Seattle, lui reprochant notamment de ne pas respecter le droit à la concurrence.

Amazon à Washington ? 

Toujours selon Axios, les riches amis du milliardaire républicain ont exprimé auprès de lui leurs craintes sur l'état de leurs affaires, "détruites" selon eux par la mainmise toujours plus importante d'Amazon dans le secteur du commerce.

La Maison Blanche avait pourtant démenti ces informations mercredi, sa porte-parole, Sarah Sanders, expliquant que "aucune mesure n'était prévue pour l'instant".

Jeff Bezos, la plus grosse fortune de la planète avec près de 120 milliards de dollars, est également propriétaire du Washington Post, cible régulière des attaques du 45e président des Etats-Unis.

"Le #AmazonWashingtonPost, parfois appelé le gardien d'Amazon, qui ne paie pas ses taxes internet (comme ils le devraient) est une +FAKE NEWS+" avait-il ainsi tweeté en juin 2017.

Avant son élection en novembre 2016, Donald Trump avait déjà expliqué que ce géant du web qui aurait, selon lui, racheté le Washington Post "pour ne pas être poursuivies pour leurs tendances au monopole", pourrait avoir "un gros problème d'antitrust" s'il accédait au pouvoir.

Amazon est maintenant devenu un acteur majeur de différents secteurs technologiques de pointe en plein développement, comme le streaming vidéo et le "cloud", le stockage immatériel de données.

Amazon, qui a également avalé en 2017 la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, cherche à ouvrir un second quartier général. Vingt grandes villes nord-américaines ont été retenues et espèrent de tout coeur être l'heureuse élue, en raison de la création des 50.000 emplois que devrait entraîner l'ouverture de ce second siège.

La capitale fédérale Washington fait partie des prétendantes.

En octobre 2014, le magnat de l'immobilier avait relayé, déjà sur Twitter, une citation attribuée à Jeff Bezos: "Si vous ne voulez pas être critiqués, pour l'amour du ciel, ne faites rien d'innovant".