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Une nouvelle plainte, émanant d'un investisseur influent et déposée jeudi contre le patron de Tesla Elon Musk, l'accuse d'avoir voulu sciemment ruiner certains investisseurs en affirmant de façon trompeuse que le financement nécessaire pour une sortie de la Bourse était "assuré".

Le médiatique et tumultueux milliardaire avait surpris le 7 août en tweetant qu'il voulait retirer son groupe de la Bourse, lorsque l'action atteindrait 420 dollars. Ce montant valorisait Tesla à plus de 71 milliards de dollars et aurait requis au moins 50 milliards de financements si M. Musk gardait sa participation de 20%.

Mais le 25 août, Elon Musk a finalement annoncé qu'il décidait de maintenir le constructeur de voitures électriques haut-de-gamme en Bourse. Le tweet puis ce revirement avait entraîné de fortes variations du titre à Wall Street.

La plainte déposée jeudi à San Francisco dans l'ouest des Etats-Unis au nom d'Andrew Left demande à la justice fédérale américaine de lui accorder le statut de "class action" ("action en nom collectif") qui permettrait de représenter toute personne ayant acheté ou vendu des actions Tesla entre le 7 et le 17 août.

"Cela ressemble à un cas d'école de fraude", selon Michael Canty, avocat, cité dans le communiqué du cabinet qui a déposé la plainte.

"Nous pensons que (Elon) Musk a tenté de manipuler le prix de l'action Tesla avec des tweets faux et trompeurs dans le but de nuire aux (investisseurs) à court-terme", bête noire de M. Musk.

Le tweet d'Elon Musk sur un possible retrait de la cote, diffusé de surcroît en plein séance boursière, lui valent déjà d'autres plaintes d'investisseurs et une enquête de la SEC, le gendarme boursier américain.

Cet énième incident avait une nouvelle fois relancé les interrogations sur l'équilibre mental d'Elon Musk et ses capacités à diriger son groupe, qui n'a jamais dégagé de bénéfice sur une année entière en quinze ans d'existence et brûle presque un milliard de dollars par trimestre en investissements et fonctionnement.