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Uber a annoncé dimanche avoir conclu un accord pour vendre une participation dans son capital au japonais Softbank, une transaction qui pourrait donner le coup d'envoi à son introduction en Bourse prévue d'ici 2019 et lui permettre de tourner la page des scandales.

"Nous sommes parvenus à un accord avec un consortium emmené par Softbank et Dragoneer (une société de capital-investissement basée à San Francisco) concernant un éventuel investissement. Nous pensons que cet accord est un important vote de confiance au potentiel d'Uber à long terme", a déclaré par courriel un porte-parole.

Softbank, propriété du milliardaire nippon Masayoshi Son, a fait part depuis plusieurs mois de son désir d'investir des milliards de dollars dans Uber via une prise de participation pouvant atteindre 14% du capital.

La société japonaise, maison-mère du troisième opérateur télécoms américain Sprint, veut racheter à des actionnaires leurs actions au cours d'un processus financier baptisé "offre amicale" qui dure traditionnellement un mois. Un prix est fixé mais les actionnaires sont libres d'accepter de vendre leurs titres ou pas.

D'après la presse américaine, Softbank devrait obtenir deux sièges au sein du conseil d'administration s'il parvenait à racheter 14% d'Uber, ce qui lui donnerait une voix importante lors des décisions stratégiques.

L'investissement du groupe japonais a été rendu possible après un accord entre Travis Kalanick, l'ancien PDG fondateur d'Uber, et un influent fonds actionnaire du service de réservations de véhicules avec chauffeur qui ont accepté de mettre de côté leurs divergences.

Le fonds californien Benchmark avait notamment intenté une action judiciaire contre Travis Kalanick pour contester sa mainmise sur le conseil d'administration, instance validant la stratégie, toute transaction, nommant et limogeant le PDG.

Le bras de fer avait conduit au gel de toute opération stratégique, à l'instar de celle envisagée par Softbank.

L'accord trouvé entre les deux parties prévoit que Benchmark suspende sa plainte, tandis que M. Kalanick va autoriser le conseil à donner son avis, via un vote, sur les prochains administrateurs.

L'arrivée prochaine de Softbank au capital est une bonne nouvelle pour Uber qui cherche à tourner la page des scandales à répétition ayant récemment terni sa réputation, dont des accusations de harcèlement sexuel en son sein.

Elle pourrait également enclencher officiellement son projet d'introduction en Bourse prévue pour 2019. Lors de son dernier tour de table, Uber était valorisé à plus de 68 milliards de dollars.

"Une fois finalisé, cet investissement va doper nos investissements dans les technologies et notre expansion sur le territoire américain et à l'étranger tout en renforçant notre gouvernance", a d'ailleurs souligné Uber dimanche.

Soucieux de se diversifier, Softbank investit à tout-va depuis plusieurs années dans des secteurs technologiques allant bien au-delà de son coeur de métier, la téléphonie mobile : dans la robotique avec l'achat notamment du Français Aldebaran, dans le commerce en ligne avec l'acquisition de parts du capital du géant chinois du secteur Alibaba.