Entreprise

La rénovation-reconstruction de ce que Fortis Banque nommait le "cluster Chambon", soit le siège historique de l’ex-CGER, aujourd’hui vide, localisé près de la place des Martyrs à Bruxelles, débutera par des démolitions. Mais avant cela, et depuis mercredi soir, par des illuminations. Voulues par le développeur du projet Allfin, et orchestrées par le sculpteur de lumières Patrick Rimoux, celles-ci persisteront 3 mois. De quoi apprécier les volumes architecturaux, l’histoire des lieux et des artistes ou détails décoratifs qui leur sont contemporains.

L’îlot est composé de 5 bâtiments quasiment imbriqués, fruit de plusieurs époques de construction. Dont 3 signés par les architectes Henri Beyaert, Paul Hankar, Alban Chambon et, surtout, son fils Alfred, auteur du monument le plus connu, le "Fer à Cheval", s’ouvrant sur la rue Fossé-au-Loup.

Le plus remarquable, toutefois, c’est combien les choses ont été vite. BNP Paribas Fortis a confirmé son intention de vendre le cluster Chambon mi-septembre 2010. Mi-mars 2011, la cession à Allfin était officialisée. Et mi-juillet 2012, le développeur obtenait ses permis. Moins de 2 ans au total ! Ce que Michel Jaspers, du bureau d’architecture Jaspers-Eyers, auteur du projet avec le bureau A2RC, explique de diverses manières : "L’accessibilité retrouvée par les différentes rues, la mise en évidence des bâtiments remarquables, la demande soutenue de logements mais surtout la mixité, indispensable désormais pour ceux qui veulent habiter dans les centres-villes."

Tours ou surélévations ?

Ce qui ne veut pas dire que le projet ne fait que des heureux. Seuls les bâtiments les moins intéressants (d’après 1952, 30 % du site), "dont le principal défaut est d’avoir rempli complètement l’îlot", ajoute Michel Verliefden (A2RC), seront démolis. De quoi "dégager l’intérieur d’îlot, au bénéfice de vues, de lumière et de jardins dessinés par le bureau paysagiste Wirtz". L’alignement sera reconstruit et même reculé sur la rue d’Argent, "qui sera élargie de 5 m". Mais même si les mètres carrés existants (60000) ne seront pas tous récupérés (50000 m² pour le projet), c’est sur la hauteur qu’ils le seront. Avec ce que certains nomment des "tours" de 11 niveaux, terme que les architectes rejettent. "Certains bâtiments ont été rehaussés de 3 à 4 niveaux, mais on ne peut parler de tour", indique Michel Jaspers. "C’est aussi une question d’impression, renchérit Michel Verliefden. Cela a l’air plus haut car on a créé des creux dans le front bâti." Une élévation due notamment au changement d’affectation, car le must en matière de logement c’est d’habiter haut. Et c’est pareil pour certaines façades, agrémentées de terrasses, qui ont fait dire à certains qu’elles ressemblaient du coup à l’architecture de la ‘Vlaamse kust’. "Mais passer de 100 % bureaux à 60 % logements impose d’ajouter des terrasses", répond-il.

"Nous espérons faire du Chambon le nouveau Dansaert, lieu incontournable entre les galeries de la Reine, la place des Martyrs, la Grand-Place et la place de la Monnaie, précise Allfin. Une expérience urbaine ultime pour ses habitants et ses riverains." Pour l’heure, les gabarits et les affectations ont été fixés : "Deux cent vingt-quatre appartements, 134 chambres d’étudiants, un hôtel de standing, des bureaux façon loft et d’autres de caractère ainsi que 2400 m² de commerces de qualité et d’Horeca tendance", ajoute le développeur. Entre autres dans la salle des guichets (2000m²). Mais les ventes n’ont pas encore démarré, et rien ne dit que la programmation sera appréciée comme telle. Les kots trouveront sans doute preneurs, vu la proximité de la Hogeschool-Universiteit Brussel (HUB). Mais peut-être est-ce une résidence service pour personnes âgées qui s’y inscrira mieux qu’un hôtel ou des appartements. Les travaux commenceront début janvier. Les différentes phases se succéderont à un rythme serré.