Entreprise

Tout le monde s'accorde à dire qu'Electrabel a mal négocié l'annonce il y a trois semaines d'une hausse des prix du gaz comprise entre 13 et 21 pc. Le groupe énergétique a fait une énorme bourde en termes de communication. Ce couac est sans doute lié en partie à certains changements au niveau des personnes. La responsable des ventes et du marketing, Sophie Dutordoir, a pris la direction de Fluxys (société qui gère le transport de gaz en Belgique). Et tout le monde sait que les périodes de transition sont difficiles à gérer.

Mais il n'est pas sûr que la décision prise, hier, de retarder d'un mois la hausse des prix et de renvoyer une lettre à un million de clients va colmater les brèches et va dissuader le consommateur de regarder de près les prix pratiqués par la concurrence. Car ils semblent de plus en plus nombreux à s'interroger sur la compétitivité des prix d'Electrabel, l'acteur dominant sur le marché belge de l'énergie. Un récent sondage est assez illustratif à cet égard : il montre que 6 chefs d'entreprise sur 10 envisagent de prendre un autre fournisseur.

Il n'est non plus sûr que la décision d'Electrabel de revoir sa copie, après s'être concerté avec Test-Achats, va faire oublier les revendications du monde politique d'accroître davantage la concurrence. Les réactions ont été parfois virulentes, en particulier du côté flamand. Dans l'excitation du moment, Marc Verwilghen (VLD), a demandé une enquête à la Creg, le régulateur fédéral, et au Conseil de la concurrence. Le ministre fédéral de l'Energie a presque été aussi prompt que Test-Achats à réagir mais avec moins d'efficacité. L'étude de la Creg est attendue pour fin juillet. Le nouveau courrier d'Electrabel aura déjà été envoyé...

Il est d'ailleurs assez piquant de voir qu'une organisation de consommateurs se montre plus percutante vis-à-vis de l'acteur dominant que le monde politique. A court terme du moins.