Entreprise

Le 24 avril 1883, un certain Charles Neuhaus, artisan-chocolatier qui a ouvert une chocolaterie-confiserie en 1870, crée et dépose la marque Côte d'Or, en référence à la Côte de l'Or, le Ghana actuel où il sélectionnait une partie de ses fèves de cacao. A cette époque, l'entreprise compte 6 personnes. En 1898, Monsieur et Madame Bieswald achètent l'usine pour leur fils. Un an plus tard débute une fructueuse collaboration avec la S.A. Lambert Michiels. L'usine s'installe rue Bara, à côté de la gare du Midi.

En 1906, les mêmes créent la S.A. Alimentaria sous le nom de Côte d'Or. On retrouve sur un timbre du Ghana le - depuis - fameux éléphant sur fond de palmier. S'y ajoutent les trois pyramides. Côte d'Or a trouvé ses marques.

En 1935, son pavillon à l'Exposition universelle de Bruxelles fait un tabac et l'éléphant se targue désormais d'une notoriété internationale. Les maîtres-chocolatiers maison inventent le fourrage à la crème, le praliné, les mignonnettes, les bouchées, les Chokotoffs. Pendant la Deuxième Guerre, Côte d'Or, soucieux de sa qualité irréprochable, laisse la place à la marque Congobar.

Lors de l'Expo de Bruxelles, le succès est à nouveau au rendez-vous avec la création du Dessert 58. En 1965, Côte d'Or devient Fournisseur breveté de la Cour de Belgique. En 1972, la société s'implante en France et aux Pays-Bas; en 1978, en Suisse et en Grande-Bretagne.

Fin des années 80, c'est le choc: le chocolat belge devient suisse, sous la bannière Jacobs Suchard. En 1990, celle-ci est rachetée par l'américain Philip Morris. Depuis, Jacobs Suchard a rejoint la division alimentaire de Philip Morris (devenu Altria), alias Kraft Foods.

A l'heure actuelle, l'entièreté de la production Côte d'Or est toujours fabriquée en Belgique, non plus rue Bara, transformée en parking pour le TGV de la Gare du Midi, mais à Halle surtout (l'usine a été construite au début des années 80, la production y a été transférée en 1990, l'usine produit aussi pour le reste du groupe), et à Herentals un petit peu (une usine y existait qui appartient au groupe, Côte d'Or y constitue une minorité). A Halle se concentrent tablettes et bâtons, le gros de la production; à Herentals, les éléments à base de gaufrettes et biscuits.

Entre-temps, l'éléphant a un peu changé de look mais reste le préféré des Belges: au niveau tablettes et bâtons, la part de marché de Côte d'Or est de 40 pc, loin devant Meurisse (10 pc, qui appartient aussi au groupe). La moitié de sa production est d'ailleurs consommée en Belgique. Le deuxième client étant la France.

Point d'Ambao ici car, selon la directrice chocolat Kraft Jacobs, Evelyne Trebitsch, «c'est le rôle des grandes marques que de veiller à la qualité de ses produits».

© La Libre Belgique 2003