Entreprise

La direction de la société de services informatiques Fujitsu Technology Solutions, basée à Anderlecht et qui emploie 333 personnes, a annoncé mercredi aux organisations syndicales qu’elle allait licencier une partie de son personnel et à recourir à de la soustraitance. Un licenciement collectif de plus, qui tombe sous le coup de la procédure Renault ? Pas tout à fait, si l'on en croit les syndicats.

Mercredi, expliquent-ils, un conseil d'entreprise est réuni d'urgence. la direction y dévoile ses intentions, qui cadrent avec le déclenchement d'une procédure Renault. Mais avant que les discussions puissent débuter, la direction suspend la réunion. "Jeudi matin, la direction annonce avoir résolu le problème. Elle a retravaillé l’organigramme de l’entreprise et prétend avoir revu son intention pendant la nuit. Avec une nouvelle formulation pour un résultat identique,Yves de Beauregard, le managing director, prétend pouvoir esquiver la loi Renault. Le directeur refuse ensuite de fournir toute information concrète, révèle que les personnes à licencier sont déjà déterminées et se félicite d’avoir convaincu la direction du groupe d’éviter toute négociation de plan social, parce qu’il est personnellement contre (sic)", indique le front commun syndical dans un communiqué. Dans l'après-midi, 19 travailleurs du site d'Anderlecht, dont certains rappelés au siège de l'entreprise alors qu'ils étaient en télétravail, se voient signifier leur licenciement immédiat.

"La loi Renault doit être activée quand plus de 10% du personnel d'une entreprise ou d'une division d'une entreprise sont licenciés. Nous avions vu que ce seuil était atteint pour l'une des divisions de Fujitsu. La direction a alors maquillé l'organigramme de la société pour basculer certains travailleurs figurant sur la liste des personnes à licencier vers d'autres divisions afin de passer sous le seuil des 10%", explique Martin Willems, secrétaire du syndicat CNE. Les représentants du personnel vont mettre l'entreprise en demeure de respecter la loi Renault et ils réuniront le personnel en assemblée au début de la semaine prochaine pour décider des actions à mener.

Leurs chances de faire efficacement pression sur la direction par les voies juridiques semblent toutefois minces. "Une action en justice prendrait du temps, peut-être plusieurs années avant d'obtenir un jugement. Si nous obtenions gain de cause, d'ici là, des personnes licenciées pourraient avoir retrouvé du travail", déclare Martin Willems.