Entreprise La plainte de Baudouin Velge sera examinée par la justice le 4 novembre prochain.

A ma gauche : Baudouin Velge, le président évincé du Cercle de Lorraine. A ma droite : Stéphan Jourdain, ex-propriétaire du cercle d’affaires bruxellois qui vient de reprendre, pour une période de maximum un mois, la gestion opérationnelle de l’institution. Entre les deux, l’affrontement est désormais total (lire "La Libre" de ce samedi) et devrait connaître des suites judiciaires.

Stéphan Jourdain a en effet attaqué Baudouin Velge pour "calomnie et diffamation" suite aux accusations de ce dernier vendredi dernier. Quant à Baudouin Velge, il demande à la justice, via une action en référé, l’annulation de la deuxième assemblée générale du Cercle de Lorraine au terme de laquelle il a été évincé de son poste, de même qu’Olivier Boels en tant que directeur général. Nous avons appris hier que la justice se penchera le 4 novembre prochain sur la demande de Baudouin Velge. Ce dernier, que nous avons contacté ce dimanche, dit encore espérer une solution "raisonnable" avant cette échéance du 4 novembre, tout en avouant ne "pas se faire beaucoup d’illusions sur le sujet".

"Je ne suis pas marié au Cercle de Lorraine"

"La demande de la plupart des membres et des obligataires qui ont accepté le plan de restructuration du Cercle en juin dernier (NdlR : la dette des obligataires a été étalée sur 10 ans à un taux réduit de 2,75 %), et cela à l’exception du seul Stéphan Jourdain, c’est de faire réintégrer l’équipe dirigeante qui vient d’être évincée. Mais la balle est maintenant dans le camp du conseil d’administration et notamment de Charles-Albert Peers (administrateur et représentant des obligataires) et de Dirk Gyselinck (administrateur et représentant de Belfius, partenaire bancaire du Cercle de Lorraine). Peut-être trouveront-ils une solution", explique Baudouin Velge. Qui ajoute : "Ce que je souhaite surtout, c’est que le travail extraordinaire réalisé par Olivier Boels (ex-directeur général du Cercle) soit reconnu à sa juste valeur. Il fait actuellement l’objet d’une ingratitude totale. Si pour assurer l’avenir du Cercle de Lorraine, une solution se dégageait dans laquelle Stéphan Jourdain s’en irait et que nous puissions, au terme d’une période de transition, partir avec les honneurs et céder le relais à d’autres personnalités, pourquoi pas ? Vous savez, je ne suis pas marié au Cercle de Lorraine…", nous a-t-il encore expliqué dimanche.

Baudouin Velge se dit donc prêt à s’effacer définitivement sous certaines conditions dont la moindre n’est pas que… Stéphan Jourdain quitte, lui aussi, une fois pour toute le Cercle. Mais ce dernier détient toujours une créance de 2 millions sur le club d’affaires bruxellois, dont les finances sont aujourd’hui fragiles. Ce scénario - qui impliquerait un remboursement de cette créance - semble donc relativement peu probable à court terme.

Grand déballage médiatique

Bref, avant le 4 novembre, le Cercle de Lorraine risque encore de vivre quelques nouveaux épisodes d’un grand déballage médiatique et judiciaire qui commence sérieusement à écorner sa réputation et son image. D’autres acteurs de cette pièce veulent cependant encore croire à une sortie de crise à l’image de l’avocat Alexis Ewbank, qui vient de rentrer, comme membre indépendant au même titre que l'ancien patron de Delhaize Michel Eeckhout, au sein de l’assemblée générale (AG) du Cercle de Lorraine. "De par mon expérience d’avocat, je sais que dans de nombreuses affaires un bras de fer, un pugilat, des anathèmes, voire même des actions en justice peuvent finalement déboucher, avant d’arriver devant les tribunaux, sur un accord raisonnable pour toutes les parties. Il reste encore un mois avant le 4 novembre, beaucoup de choses peuvent encore se produire. Je reste globalement optimiste", nous a-t-il expliqué.

A ce stade en tout cas, la situation semble cependant globalement figée. Une AG des membres effectifs de l’ASBL Cercle de Lorraine n’a pas encore été convoquée pour envisager la suite des événements. Pour rappel, c’est cette AG d’une dizaine de membres qui devrait désigner un nouveau conseil d’administration et dans la foulée un nouveau président et un nouveau directeur général.