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ANew World of Work, Het Nieuwe Werken ou encore le Nouveau Monde du Travail, selon la langue de chacun. Mais plus précisément ? "Il s’agit d’un concept de travail où l’homme occupe une place centrale basée sur deux valeurs de fond : la confiance et la responsabilité", note Ivan Cols, marketing manager chez Getronics, spécialiste des services et des solutions technologiques. "Dans ce cadre, par exemple, un collaborateur et son manager conviennent ensemble des objectifs à atteindre. Le collaborateur a toute la liberté possible pour atteindre ses objectifs. Et ce, où qu’il travaille. Ce concept intègre en fait plusieurs concepts qui ne sont pas neufs comme le télétravail, le "management by objectives", les bureaux partagés, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle " Au centre du concept : la mobilité. "Dans l’espace, mais aussi dans le temps", précise Ivan Cols.

Le Nouveau Monde du Travail est un concept qui est déjà connu aux Etats-Unis et aux Pays-Bas par exemple. Chez nous pas encore, bien que certaines entreprises soient déjà pionnières (voir ci-dessous). "Les Pays-Bas ont deux ans d’avance sur nous, notamment parce que les problèmes de déplacement sont dix fois plus importants que chez nous".

Trois tendances expliquent ce concept de Nouveau Mopnde du Travail, selon Ivan Cols : "Premièrement, la gestion des entreprises est de plus en plus axée sur la rentabilité et l’efficacité. Deuxièmement, on assiste à un changement des mentalités. La jeune génération - notamment - est plus soucieuse de l’écologie, de l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, Enfin, troisièmement, les technologies ont fortement évolué".

Ce sont justement ces technologies qui sont analysées dans la deuxième édition du baromètre ICT de Getronics qui vient de sortir et qui est basé sur un sondage effectué en décembre 2009 auprès de 1 643 employés belges. "Le baromètre comprend deux volets : d’une part, comment les utilisateurs perçoivent ces outils et technologies et, d’autre part, dans quelle mesure ces outils sont-ils mis à disposition des collaborateurs par les entreprises", précise Ivan Cols.

"Le baromètre démontre le rôle important que jouent les TIC dans le bon fonctionnement d’une organisation. Les travailleurs attendent beaucoup des applications permettant de trouver rapidement les informations et les documents (84 %), ainsi que des outils permettant de vérifier la disponibilité des collègues (74 %). Le travail mobile contribue également à l’efficacité et la productivité des employés belges. L’utilisation des "laptops" et des "smartphones" est essentielle et le pourcentage des "flex desks" est en croissance", note les responsables de l’étude.

Parmi les outils qui ont le plus de succès et qui sont perçus comme pouvant apporter les plus grands gains d’efficacité, on peut pointer les applications donnant accès aux documents et aux agendas et le "mobile working". Les moteurs de recherche, le partage des calendriers électroniques et la gestion de présence récoltent respectivement 89 %, 90 % et 81 % des voix. La vidéoconférence et le "webconferencing" sont également appréciés par 73 % et 80 % des participants.

Le baromètre révèle aussi une grande différence entre les attentes des collaborateurs et la réalité du terrain. Ainsi, si les moteurs de recherche et le partage des calendriers sont très demandés, seuls 30 % des sondés en disposent. "Il en va de même pour la gestion de présence : 32 % de disponibilités contre 81 % de demandes. 6 % des participants à l’enquête travaillent toujours sans Internet", notent les responsables de l’enquête.

"Les plus jeunes collaborateurs par exemple aimeraient retrouver dans le monde du travail des outils qu’ils utilisent dans leur quotidien, mais les entreprises restent frileuses", note Ivan Cols qui avance deux raisons principales. "D’abord pour des questions de sécurité. Ensuite, pour des questions pratiques. Il n’est pas toujours évident d’intégrer ces nouveaux outils dans l’environnement informatique des sociétés. Certains responsables informatiques rechignent à s’y mettre".

S’ils en veulent plus, les collaborateurs semblent tout de même statisfaits de ce qu’ils ont. Ainsi 65 % des sondés se disent "satisfaits" à "très satisfaits" de leurs outils technologiques professionnels. La vitesse reste cependant un problème : seulement 46 % (contre 50 %, l’an dernier) des utilisateurs se disent satisfaits de la vitesse des systèmes et seulement 54 % (contre 55 % en 2009) de celle des personnes, plus particulièrement dans les environnements de support (help desks).

Le baromètre se penche aussi sur le télétravail, "une notion encore mal définie en Belgique", estime Ivan Cols. "Fait-on du télétravail quand on rentre chez soi après le bureau et qu’on envoie encore quelques mails ? Pour nous, le télétravail à domicile implique d’être chez soi et d’y faire exactement la même chose qu’au bureau, avec le même accès. Et là, on n’y est pas encore".

Le baromètre révèle qu’en un an, le nombre de personnes travaillant de manière quotidienne à partir du domicile est passé de 9 à 14 %. Davantage de personnes (52 contre 48 % un an auparavant) travaillent déjà de manière régulière à partir de leur domicile et estiment que c’est une solution efficace. Selon l’enquête, le travail à domicile permet aux employés de gagner près de 5 heures par semaine. "On estime qu’une partie de ce temps est utilisée pour travailler, ce qui constitue un gain de productivité", note Ivan Cols.

Le baromètre montre également que 62 % (contre 57 % l’an dernier) des télétravailleurs belges ont accès au mail, mais un télétravailleur sur deux ne peut encore accéder à l’intranet de sa société. Seulement 20 % des personnes sondées ont à leur disposition une gestion de présence à distance et 7 % les outils de "webconferencing" et de vidéoconférence.

Les personnes ne pouvant travailler à partir de leur domicile indiquent que soit leur métier ne s’y prête pas (52 %), soit leur employeur ne le permet pas (31 %). Quelque 38 % des personnes sondées affirment que leur société applique une réelle politique en la matière, 53 % affirment que leur employeur n’en applique aucune. Pourtant, 57 % des employés sont en faveur du télétravail.