Entreprise Des employeurs proposent à leurs salariés de composer eux-mêmes leur package salarial. Une façon d’attirer les meilleurs talents ? Eclairage Solange Berger

Comment se distinguer des autres employeurs ? Comment faire pour que des candidats aient envie de venir travailler chez vous ? Et y rester ? "Nous faisons face à une guerre des talents. Il est donc important pour un employeur de se démarquer des autres, surtout dans certains secteurs très compétitifs", note Steven Van Raemdonck, country manager Belgium du Top Employers Institute, un organisme de certification international spécialiste de la qualité au travail. "Il faut trouver les moyens de se distinguer." Les options : des postes intéressants, une bonne ambiance de travail, un environnement agréable, des formations, des perspectives de carrière, un bon salaire,… et pourquoi pas aussi proposer un plan cafétéria ? "Ce n’est qu’un des éléments à mettre en place pour attirer les talents. Mais dans certains secteurs, proposer un plan cafétéria peut aider un candidat à se décider."

Quel est le principe ? Le plan cafétéria permet à un collaborateur de composer son package salarial. Il peut définir lui-même l’équilibre entre l’argent liquide qu’il perçoit et d’autres avantages. Parmi ceux-ci : des assurances complémentaires, des jours de congé, une voiture de société, un vélo électrique, un abonnement aux transports en commun,….

Selon une étude de Securex, seuls 17 % des travailleurs belges peuvent bénéficier d’un plan cafétéria. "Parmi les entreprises qui arborent le label Top Employer, cette proportion se situe à 31 %", note Steven Van Raemdonck. "Si cette part est pratiquement le double de la moyenne générale, elle révèle une marge de progression importante chez ces entreprises pourtant à la pointe en matière de politique à l’égard du personnel. Les employeurs s’engagent résolument dans cette voie. Elles s’en servent comme l’un des principaux arguments de recrutement pour convaincre les meilleurs talents de le rejoindre. Elles sont aussi pleinement conscientes que les jeunes salariés ont d’autres besoins financiers que les plus âgés, plus proches de la retraite." Car l’un des principaux avantages est de permettre de répondre au mieux aux besoins individuels. L’un sera tenté par plus de jours de congé, l’autre par une assurance hospitalisation pour sa famille. L’un a besoin d’argent liquide; l’autre préfère mettre plus de côté pour sa pension.

Et du côté des employés, la demande est importante pour cette flexibilité et ce choix individuel. Ainsi, selon Securex, 71 % des travailleurs souhaiteraient échanger une partie de leur salaire contre d’autres avantages. Comment expliquer cette différence entre les souhaits des travailleurs et les possibilités offertes par les employeurs ? "Cela tient surtout à la complexité de la mise en œuvre et de la gestion du plan. La mise en place nécessite un travail de gestion qui prend du temps de travail et donc de l’argent. Ce sont surtout les grandes entreprises qui proposent ce plan", note Steven Van Raemdonck. "En principe, tout employeur pourrait le proposer. On a d’ailleurs remarqué, il y a six ou sept ans, une tendance à l’introduction de ce plan dans les entreprises. Après un ou deux ans, cela s’est essoufflé. La volonté n’était plus là car il était difficile à implémenter. Mais aujourd’hui, on note à nouveau une tendance des entreprises à vouloir proposer cette solution à leurs employés sans doute grâce à l’apparition de softwares qui facilitent le travail. Et puis certains n’hésitent pas à externaliser auprès d’acteurs spécialisés ces tâches. C’est assez récent."


"Offrir le maximum"

Besoins. "Nous essayons de combiner les demandes des collaborateurs avec ce que la loi permet. Certains souhaitent acheter un ordinateur, mais ce n’est pas prévu par le plan. Ce qui est différent de l’utilisation d’un ordinateur qu’ils reçoivent en prêt", explique Ernst Natens, directeur des ressources humaines chez Capgemini Belgium.

Cette entreprise de services numériques, qui compte plus de 190 000 collaborateurs dont plus de 700 en Belgique, propose un plan cafétéria depuis plusieurs années. "Nous tentons d’offrir le plus de possibilités car nous avons des collaborateurs avec des profils très différents. Chaque année, nous regardons avec notre partenaire SD Worx, les nouvelles possibilités. Tout ce que la loi permet d’offrir, nous l’offrons. Ce qui marche le mieux : le plan de pension supplémentaire, suivi des allocations familiales complémentaires et de l’assurance hospitalisation pour les membres de la famille."

Si 100 % des collaborateurs belges de Capgemini ont la possibilité de profiter d’un plan cafétéria, seuls 40 % ont saisi cette opportunité. "Nos employés bénéficient déjà de nombreux avantages, comme le GSM, l’assurance hospitalisation,… Nombreux sont ceux qui ont aussi une voiture de société, avec une carte essence valable en Belgique. Mais certains souhaitent aussi en profiter à l’étranger. Ils le font alors via le plan cafétéria, convertissant ainsi une partie de leur salaire en essence", précise Ernst Natens, qui voit des avantages au plan tant pour les employés que pour les employeurs. "Pour le collaborateur c’est financièrement intéressant. Si, par exemple, il met 100 euros en essence, il en a effectivement 130. Pour l’employeur, cette flexibilité permet d’avoir des travailleurs heureux qui peuvent choisir des avantages en fonction des besoins qu’ils ont, à un moment donné : un jeune ménage sera tenté par les allocations familiales complémentaires, un travailleur plus âgé par la pension, un autre qui voyage beaucoup en voiture par la carte d’essence à l’étranger,.. Nous sommes dans un environnement très concurrentiel. Nous souhaitons offrir le maximum aux talents pour qu’ils aient envie de venir travailler chez nous."