Entreprise

Le nouveau syndicat du rail Metisp-Protect a déposé mercredi matin un préavis de grève d'un mois, courant du 28 mai au 29 juin avec quatre périodes d'actions possibles (28-29 mai, 4-6 juin, 13-15 juin et 18-19 juin), a indiqué son président Mohammed Benyaich. Les propositions de "valorisation" (prévues par l'accord en commission paritaire de 2016) faites aux 3.600 conducteurs par la direction ne conviennent pas à Metisp-Protect et le syndicat a décidé de faire entendre la voix des employés mécontents, qui ont refusé à 94% le projet. Si 150 euros bruts sont proposés pour majorer les salaires, la direction retire également les 13 jours de "liberté" (jours de repos obligatoire entre deux prestations) ainsi que trois jours de compensation. Les conducteurs devraient également prester jusqu'à un an de préavis en cas de départ, une proposition faite par la direction afin de compenser l'investissement dans la formation de 20 mois suivie par les cheminots.

Ces conditions ont globalement été acceptées par les autres syndicats reconnus (CGSP-Cheminots, CSC-Transcom et SLFP), ce qui n'est pas le cas de Metisp-Protect. "Ça n'a en fait rien à voir avec une valorisation", souligne le vice-président de la formation syndicale, Etienne Hoet.

Le syndicat issu des rangs de la CGSP souligne également un manque d'effectifs puisque la productivité a augmenté (environ 5% de trains supplémentaires entre 2016 et 2018) mais "les effectifs fondent et ne sont pas remplacés", dénonce-t-il. Il y aurait aussi des nominations partisanes de la part de la direction, peut-on lire en outre dans l'Echo.

Si le syndicat ne compte actuellement que 300 affiliés sur un total de 36.000 travailleurs qu'affichent la SNCB, Infrabel et HR Rail, M. Banyaich escompte atteindre 1.000 membres d'ici aux élections sociales, lorsque l'entreprise lui donnera "la possibilité d'aller à la rencontre du personnel sur son lieu de travail". "Pour l'instant, nous n'avons pas notre carte de légitimation alors que le syndicat est agréé par la direction." Pour être reconnu et participer aux concertations, la formation doit compter 10% des travailleurs affiliés au minimum.