Entreprise

Le groupe SNCB sera mis à l’honneur ce mercredi 22 septembre à Berlin par le constructeur allemand Siemens en marge d’Innotrans (21-24/09), le plus grand salon consacré au transport ferroviaire. “La SNCB fait partie de nos plus gros clients, d’où cette action avec elle”, nous a confirmé Vera Janssens, responsable de la communication de Siemens Belgique. Dans un premier temps, Marc Descheemaecker, CEO de l’opérateur SNCB, découvrira, en compagnie du grand patron du groupe allemand, Peter Locher, le train “Desiro”, qui n’est autre que le futur matériel roulant que l’entreprise ferroviaire belge mettra à la disposition des voyageurs dès l’année prochaine. L’événement est prévu au Salon Innotrans.

Le contrat pour la livraison des Desiro ML avait été signé en mai 2008 avec Siemens pour la livraison de 305 automotrices pour un montant de 1,425 milliard d’euros. Il a même été qualifié de plus gros marché remporté par le constructeur allemand dans le domaine du matériel roulant. Le Desiro ML offre, d’après Siemens, 280 places assises et peut atteindre une vitesse maximale de 160 km/h. Selon des informations recueillies auprès de la SNCB, une partie de la commande sera affectée au projet du RER, le réseau express régional qui accumule les retards. On annonce désormais le RER pour 2019 !

Mais si tout va bien, les navetteurs du trafic ferroviaire national de la SNCB fouleront les marches du Desiro ML avant ceux du RER puisque les premiers trains devraient être livrés dès 2011 et les derniers en 2016.

D’après des observateurs, l’action menée ce mercredi autour du Desiro est censée confirmer le retour à un climat apaisé entre Siemens et la SNCB. En effet, l’entreprise ferroviaire belge avait été obligée d’activer la disposition relative aux amendes dans le cadre d’un autre contrat signé avec le groupe allemand. Le marché vise la livraison de locomotives T18 (des “eurosprinters”). Un premier contrat pour 60 locomotives avait été signé fin 2006. En décembre 2008, l’option avait été levée pour 60 exemplaires supplémentaires. L’ensemble du marché est évalué à 440 millions d’euros. A ce jour, une quarantaine de locomotives T18 aurait dû être en exploitation sur les voies belges, mais seules quelques machines sont actuellement en test. Siemens aurait donc accusé deux ans de retard, ce qui a poussé la SNCB à lui infliger le montant maximal des amendes, soit environ 12 millions d’euros. “Siemens n’est pas le seul responsable du retard dans la livraison des locomotives T18. Des problèmes techniques nous ont handicapés dans notre travail, mais la procédure d’homologation de ces trains a aussi changé entre-temps. Dorénavant, l’homologation doit être certifiée par l’administration, alors qu’avant tout se passait entre le constructeur et le client (NdlR : SNCB)”, nous explique-t-on chez Siemens. Aux dernières nouvelles, Siemens et la SNCB ont trouvé un accord pour une livraison des locomotives T18 au printemps 2011.

Après la SNCB, le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire Infrabel sera aussi à l’honneur à Berlin. Les dirigeants de Siemens devraient remettre mercredi à son administrateur délégué, Luc Lallemand, la 100 000e balise de sécurité. Il s’agit de ces boîtiers qui doivent équiper le réseau ferroviaire belge afin d’en renforcer la sécurité. Au regard des accidents qui ternissent l’image du rail belge, l’urgence est plus que de mise! De sources syndicales, on précise qu’un peu plus de 40% de l’objectif d’équipement des infrastructures prévu pour 2010 sont actuellement réalisés.

© La Libre Belgique 2010