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Le retour de la marque Sabena dans le ciel belge? Certains en rêvent. L'annonce de la fusion entre SN Brussels Airlines (SNBA) et Virgin Express et la création courant 2007 d'une nouvelle compagnie aérienne belge, dotée d'un nouveau nom, fait fonctionner les imaginations.

Le curateur de la Sabena, Christian Van Buggenhout, n'en fait pas un mystère: il a eu avec Etienne Davignon, président de SN Airholding (NdlR: le holding qui contrôle les deux compagnies belges), un échange de vues à ce sujet. «Mon devoir était de l'informer que la marque était protégée et disponible. Mon idée personnelle, c'est que ce serait une excellente chose que la nouvelle compagnie belge opte pour la marque Sabena», explique Christian Van Buggenhout, tout en précisant dans la foulée n'avoir pas reçu à ce stade de «marque d'intérêt directe ou indirecte» du management ou des actionnaires des deux compagnies belges sur la voie de la fusion.

Pour rappel, depuis la faillite de la Sabena, la marque Sabena est propriété de la curatelle. C'est également elle qui pourrait décider de la céder. «La Sabena a été mal gérée malgré elle. Cela a-t-il pour autant porté atteinte à la marque Sabena? Je ne le pense pas. Le principal test, ce sont les filiales qui utilisent le nom Sabena comme Sabena Technics ou Sabena Flight Academy. Leurs dirigeants vous le diront: le «sex appeal» de la marque reste intact aujourd'hui», ajoute-t-il. La valeur de la marque Sabena? Impossible à dire, souligne Christian Van Buggenhout. «Mais s'il y a un intérêt, je suis certain que l'on tombera d'accord et que cela ne sera pas un frein. Notre porte est ouverte comme il se doit», ajoute-t-il. Pour le curateur, il est normal de donner la préséance au «flag carrier» belge. D'autant que SNBA utilise depuis cinq ans maintenant une licence lui permettant d'utiliser le célèbre «S» sur la queue de ses avions et la couleur bleue de l'ex-Sabena. C'est donc le candidat le plus naturel à la reprise de la marque. En l'absence d'intérêt des actionnaires de SNBA/Virgin Express, Christian Van Buggenhout n'exclut pas l'idée de voir une autre compagnie aérienne, belge ou étrangère, se porter acquéreur de la marque de l'ex-compagnie nationale belge. En Afrique, où le nom Sabena bénéficie toujours d'une énorme cote affective intacte, certains intérêts pourraient se manifester.

Mais Christian Van Buggenhout veut se montrer très clair: pas question de spolier la marque Sabena qui n'aura une deuxième vie, si elle en a une, que dans le secteur aéronautique et nulle part ailleurs. Impossible de voir donc demain la marque accolée à des GSM, des aspirateurs ou des poudres à lessiver. «A la limite, mieux vaut voir s'éteindre la marque Sabena à la fin du processus de liquidation que de la spolier. Il faut éviter à tout prix que cette marque tombe dans des mains mal intentionnées. On ne bafoue pas un symbole national et 80 ans d'histoire. Nous sommes très vigilants sur ce point», prévient-il.

© La Libre Belgique 2006