Entreprise

Saumurage, étripage, séchage, friture, égouttage, fleurissage, emboîtage, jutage et on en passe Ce sont les termes choisis qui définissent les étapes de fabrication des conserves de sardines. La sardine, le fer de lance, comme le thon et le maquereau, de la Conserverie La Belle-Iloise, entreprise familiale, qui a choisi Nieuport et la côte belge pour faire son premier pas hors de France. Le magasin ouvrira ses portes en mai prochain, et le but est clairement affirmé de poursuivre l’expansion en Belgique. Le rythme de cette expansion dépendra toutefois des résultats de cette première implantation.

Pourquoi Nieuport (Albert I laan, 192) et la Belgique ? "Parce nous restons dans notre logique d’implantation de nos magasins en bord de mer. Nous étions déjà présents au Touquet. Pourquoi ne pas passer la frontière ?", explique Eric Le Melinaire, directeur commercial et marketing. "De plus, les valeurs que nous défendons sont plutôt en adéquation avec les goûts des consommateurs belges et, enfin, nous accueillons fréquemment des clients belges dans nos points de vente en France." Le premier magasin à l’international naît tout juste 45 ans après le premier magasin que Georges Hilliet ouvrit à Port-Maria sur le port de Quiberon.

Georges est petit-fils d’un pêcheur de chaloupe. Son père Adrien a ouvert un magasin de marée. Georges, lui, va fonder une conserverie. Nous sommes en 1932, à Port-Maria, à proximité des bateaux, ce qui permet de travailler le poisson tout juste débarqué. Son premier magasin, Geoges Hilliet l’ouvre, parce qu’il veut maintenir la qualité de ses produits, tandis que les techniques évoluent dans la foulée d’une pression de plus en plus forte sur les prix. Désormais, on utilise des poissons surgelés pour faire tourner les installations 12 mois sur 12, et on cuit directement en boîte. Cela réduit les coûts, certes, mais aussi la qualité Ce qu’a refusé Georges Hillier.

C’est sa petite-fille, Caroline Hillier Le Branchu (photo), qui dirige aujourd’hui la société. Celle-ci emploie entre 150 et près de 300 personnes en fonction de la période de l’année. "Les pics de production se situent en juillet, août et septembre", précise Eric Le Melinaire. Cette production des conserves de poisson a toujours lieu à Quiberon, à environ 2 km du premier atelier qui est devenu un magasin emblématique de cette marque haut de gamme. A la sardine, se sont, au fil du temps, ajoutés le thon - blanc germon, "un thon au-dessus" -, la soupe de poissons, la crème de sardine au début des années 70 - qui a ouvert la voie des tartinables -, les toasts chauds, etc. Et puis, il y a aussi les "sardines Millésime de garde, des sardines d’exception", pêchées à une heure de la Conserverie, de taille idéale, travaillées avec soin et gardées précieusement pendant 2 ans, "le temps de se confire et de se bonifier".

Sont traitées annuellement 800 tonnes de sardines, 400 tonnes de thons et 300 tonnes de maquereaux. L’ensemble est distribué, pour la majorité, via les 51 magasins en propre que compte l’entreprise le long des côtes françaises. Le reste des ventes se fait par correspondance (avec livraison à domicile) et par Internet. L’an dernier, le chiffre d’affaires de celle qui se définit comme une "entreprise de la mer" s’est élevé à une trentaine de millions d’euros, contre 24 millions en 2009.