Entreprise

Après avoir assuré durant trois ans la vice-présidence de l’Institut des réviseurs d’entreprises (IRE), Michel De Wolf a accédé vendredi à la présidence de l’organisation professionnelle et ce, pour un bail triennal. Il succède à Pierre Berger qui, comme il est de coutume, s’efface après un mandat de trois ans, calme et discret, mais efficace à la tête de l’IRE. A chacun son style et sa vision pour faire de l’institut un acteur de qualité au service des entreprises, mais la présidence de Michel De Wolf devrait marquer la vie de l’institut. Car, l’homme abhorre la langue de bois et dit les choses aussi clairement qu’il les pense. Avec force et vigueur, sans choquer son interlocuteur, ni lui manquer de respect. Et avec une fougue maîtrisée grâce à l’expérience et la sagesse du temps. "Il n’explose pas, mais c’est une force tranquille. C’est un interlocuteur engagé, doté d’une grande intelligence et qui a une vision claire de la profession de réviseur", dit de lui un collaborateur de l’IRE.

A voir son CV, Michel De Wolf est ce qu’on appelle un esprit brillant. Il est titulaire de plusieurs diplômes obtenus avec la (plus) grande distinction (droit, administration des affaires, sciences économiques appliquées). "Je ne me satisfais pas des imperfections qu’on peut résoudre. Je suis assez exigeant et ce trait de mon caractère peut être source de conflit. Mais ce n’est jamais un conflit de personnes, plutôt des divergences d’opinions qui parfois peuvent faire avancer les choses", explique Michel De Wolf. Il fait partie de ces hommes et femmes qui, dès leur plus jeune âge, ont une idée claire et précise de la profession qu’ils entendent embrasser.

Dans le cas du nouveau président de l’IRE, on peut dire qu’il a suivi les traces de son père qui était aussi réviseur. Mais il est décédé avant que le jeune De Wolf ne commence son stage. Par conséquent, il a donc fait son apprentissage de la profession dans un cabinet révisoral (DGST) dont il est aujourd’hui le membre dirigeant et qui compte une vingtaine de spécialistes de l’audit et du conseil aux entreprises et aux associations de petite ou de grande taille. "J’ai voulu faire ce métier, parce que le réviseur d’entreprise est un acteur indépendant et neutre dans la vie de l’entreprise. Il contribue aussi à l’intérêt général via sa fonction principale qui est la certification des informations financières d’une entreprise aux yeux de tout le monde", raconte le nouveau président de sa voix qui porte haut, caractérisée par le timbre d’une conviction inébranlable.

C’est en février 1991 qu’il prête serment comme réviseur d’entreprise après trois années de stage. Depuis, il affiche un parcours où activités professionnelles et prestations académiques se côtoient avec une certaine harmonie. Outre son activité de réviseur d’entreprises, il est professeur ou chargé de cours dans des universités (UCL, ULg/HEC Liège). Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés notamment à la législation fiscale ou aux codes des sociétés. Dans le même temps, il en a co-écrit d’autres avec des spécialistes de l’économie et du droit. En clair, c’est un bourreau du travail et il ne s’en plaint pas. Il a donc un agenda très chargé. Mais il est toujours disponible, à condition de le contacter à son bureau ou par SMS sur un de ses trois téléphones portables dont chacun à une fonction bien précise : un appareil privé, un autre qui ne reçoit que des SMS et le dernier qu’il utilise à des fins professionnelles. Mais seul un nombre limité de personnes ont connaissance de ce dernier numéro. "C’est une question d’organisation. De plus, je gère mon agenda moi-même et personne ne peut y inscrire un rendez-vous pour moi", souligne-t-il.

Sur l’évolution de la profession du réviseur d’entreprises, il n’est pas demandeur d’une grande réforme au niveau national, mais il plaide pour des corrections ponctuelles notamment pour confier une mission d’alerte à l’expert dans le cadre de sa mission dans les Associations sans but lucratif (ASBL). Il a également une vision de l’évolution de la profession au niveau international (lire interview dans la Libre Belgique du week-end).

S’il est prolixe à propos de la profession de réviseur d’entreprises et son évolution, Michel De Wolf observe une grande discrétion sur sa vie privée. Une sorte de jardin secret dont il n’entend en aucun cas entrouvrir la porte. Quelques confidences pourtant. Il dit être un grand voyageur poussé par un besoin de découvrir de nouvelles cultures. D’ailleurs, ses points de fidélité engrangés notamment suite à ses nombreux déplacements lui ont permis d’emmener gratuitement sa famille faire le tour du monde pendant deux mois en 2009. Adepte de la natation, il fait des longueurs pratiquement tous les jours.