Entreprise Une grève du personnel de cabine chez Ryanair est prévue les 25 et 26 juillet, en Belgique, en Italie, au Portugal et en Espagne, annoncent les syndicats.

Le personnel de cabine de Ryanair en Belgique partira en grève le 25 et le 26 juillet. Les syndicats vont officiellement confirmer l’information lors d'une conférence de presse prévue pour 14 heures. Leur décision est le fruit d'une réunion qui s'est tenue à Bruxelles entre les syndicats belges, espagnols, italiens et portugais. Les représentants des travailleurs se sont réunis pour décider quelles mesures adopter contre Ryanair. D'après nos informations, des représentants de Zaventem ont participé à la réunion, tandis que ceux de Charleroi étaient absents, faute de disponibilité.

En cause, l'ultimatum échoué le 30 juin, à travers lequel les organisations syndicales exigeaient de la compagnie le respect les législations nationales sur le travail. Selon la CNE (Centrale Nationale des Employés), Ryanair ne contribue en rien à créer un dialogue avec les travailleurs. Didier Lebbe, secrétaire permanent à la CNE, avait dénoncé fin juin un échec des négociations avec la direction à Dublin et avait prévu de possibles grèves pour l'été.

Lors d'une réunion qui s'était tenue à Dublin avec le personnel de sol et de bord de 80% des bases européennes de Ryanair, les travailleurs se sont donnés un "cahier de revendications", le "Ryanair Crew Charter", pour demander de meilleures conditions de travail ainsi que l'augmentation des salaires. Selon les déclarations que le syndicaliste flamand Paul Buekenhout a relayé à Belga, les revendications portent sur trois points principaux, qui concernent le respect des législations nationales, la sécurité, la protection du personnel de cabine et la reconnaissance des syndicats. Ryanair a en fait commencé le processus pour reconnaître les syndicats des pilotes au mois de décembre 2017, sans toutefois se plier à la demande de reconnaître les législations nationales sur le travail.

Des contrats critiqués

Personnel mal payé, obligations à payer sa propre nourriture et son logement, horaires de travail longs...Voici trois ingrédients qui ont fait déclencher le ras-le-bol du personnel. Si les revendications du personnel de bord et des pilotes ne sont pas une nouveauté, il est également vrai que rien semble avoir bougé depuis l'automne, quand les suppressions des vols et la grève des pilotes avaient soulevé la question pour la première fois.

Selon une source anonyme interne à la compagnie, le travail pour les pilotes est épuisant et certains types de contrats sont assez désavantageux. D'abord, parce que Ryanair, on le sait depuis longtemps, ne veut pas adapter ses contrats aux législations des pays européens dans lesquels il opère, ce qui réduit sensiblement les garanties pour les travailleurs. Selon des informations provenant d'une source interne à l'entreprise, il existe plusieurs types de contrats différents. Les pilotes, par exemple, peuvent bénéficier d'un contrat d'indépendant ou d'un contrat Ryanair. Même chose pour le personnel de cabine, qui est soumis depuis le 1er avril à un contrat qui prévoit un salaire fixe et un salaire par heure pour les heures de vol effectuées. Ce nouveau contrat, serait moins avantageux de l'ancien, qui prévoyait tout simplement le paiement des heures de vol, à un prix supérieur : il y aurait une différence de 400 euros entre les deux systèmes, nous confie-t-on.

Cette dernière catégorie, qu'en interne on appelle normalement "junior", comme les hôtesses, stewards, serait soumise à des contrats qui ne permettent même pas de couvrir les dépenses du mois. "Ce n'est pas mon cas, mais j'ai vu des contrats à 600 euros, c'est scandaleux", nous confie une source, nous expliquant que les loyers sur place ne sont pas payés, tout comme les repas à bord. "Pour l'uniforme et le badge de l'aéroport, nous recevons 30 euros par mois", nous dit-on, "mais ce n'est pas très rentable, puisque l'uniforme doit être changée tous les 3 ans et coûte plus ou moins 300 euros", nous confie-t-on.

Des conditions de travail difficiles

Comme si cela n'était pas assez, le personnel se plaint également de la logique de profit qui domine au sein de la compagnie. Vous le savez déjà si vous avez voyagé avec Ryanair : les boissons et la nourriture sont à payer, mais la compagnie propose également une loterie à bord, des parfums et d'autres produits. Pour ces ventes le personnel gagne 10% du prix du produit, donc la pression est forte. La compagnie fait pression sur ses hôtesses et ses stewards, afin de gagner toujours plus : "Nous sommes des assistants de vol, pas de marchands du dimanche au marché du village le dimanche matin", affirme, épuisée, notre source.

A cela s'ajoute un problème de manque de personnel, déjà évoqué depuis longtemps et notamment à propos des pilotes. Les assistants de vol partiraient assez vite, nous dit-on, à cause de mauvaises conditions de travail, ce qui implique une pénurie de personnel au sein des aéroports. Cela oblige alors les travailleurs à faire des horaires plus longs, ou à annuler les vols.

Entre-temps, les pilotes irlandais avaient annoncé hier une grève pour le 12 juillet, à propos de laquelle la compagnie s'était dit "déçue".