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Un collectif d'une vingtaine d'associations et organisations syndicales, réunies depuis le début 2017 au sein de la plate-forme "Belfius est à nous", s'oppose à une éventuelle privatisation de Belfius et souhaite que la banque, née du rachat de Dexia Banque Belgique en 2011 par l'Etat belge pour 4 milliards d'euros, reste dans le giron public, a-t-il rappelé mercredi.

Ce collectif organisera une "assemblée générale alternative", le 26 avril à 18h à Bruxelles (place Fontainas), c'est à dire le jour même de la tenue de l'assemblée générale de Belfius, pour débattre du sujet.

Le dossier de l'avenir de Belfius figure sur la table du gouvernement fédéral. Plusieurs pistes de privatisation partielle sont évoquées allant d'une introduction en Bourse à la vente d'une partie du capital de Belfius à un ou plusieurs investisseurs privés.

Le comité de direction de Belfius s'est également penché, ce mercredi, sur la question sans que rien ne filtre de la réunion. Son CEO, Marc Raisière, a toutefois fait savoir à plusieurs reprises ces derniers mois que la direction de Belfius était favorable à une "privatisation partielle dans les deux années à venir" mais à condition que soit maintenu un ancrage local. Le comité de direction de Belfius s'est aussi prononcé, à l'unanimité, contre l'idée d'une cession du groupe à un repreneur étranger.

Pour la plate-forme "Belfius est à nous", qui regroupe notamment FairFin, le Réseau Financité, les trois grands syndicats Attac Wallonie-Bruxelles et Vlaanderen ou encore Hart Boven Hard et Tout Autre Chose, une privatisation témoignerait d'une vision à court terme au détriment d'un ancrage local et d'une responsabilité sociétale de la banque. "L'impact de Belfius sur la société belge est trop important pour laisser le profit à court terme et la logique boursière dicter la gestion de la banque", résume la plate-forme, qui estime que Belfius a un rôle important à jouer alors que des investissements massifs sont nécessaires en matière de rénovation écologique des infrastructures, de rénovation et de développement des écoles et des services sociaux.